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Alimentation

Combien faudrait-il de producteurs en France pour manger bio et local ?

12 commentaires

C’est une question qui revient régulièrement : combien de paysans devrait-on avoir à proximité de nos villes ou communes, si l’ensemble des citoyens décidait de relocaliser leur alimentation, en plus de passer au tout bio ? L’association Terre de Liens nous apporte des éléments de réponse.

On parle régulièrement des bons conseils à appliquer pour adopter un rythme de vie sain, afin d’optimiser son propre bien-être et garantir une bonne santé pour la planète. Les vraies bonnes idées sont intéressantes surtout lorsqu'elles se concrétisent. Avant de voir chaque Français se rendre directement à la ferme pour y cueillir ses légumes et discuter avec l’agriculteur, il faut connaitre les conséquences que peuvent avoir la mise en place d'une agriculture bio généralisée et une relocalisation de l’alimentation.

L’association Terre de Liens Normandie a lancé un outil sur internet qui évalue le nombre de producteurs nécessaires pour que les français puissent consommer à la fois bio et local. Cet outil renseigne également sur le nombre d’hectares protégés par l'agriculture biologique, ce qui offre des résultats intéressants à analyser. Fondé sur la consommation alimentaire actuelle, le convertisseur ne tient pas compte du gaspillage alimentaire, mais intègre la saisonnalité des produits et la tendance à la baisse de la consommation de viande.

Le convertisseur Terre de Liens évalue la relocalisation pour les communes, écoles, maisons de retraite, hôpitaux, restaurants d’entreprises et autres quartiers ou hameaux. À l’aide de l’outil, on apprend qu’une ville importante comme Lille (qui compte 230 000 habitants) nécessiterait 4 145 paysans si ses habitants relocalisaient leur alimentation. De plus, 80 000 hectares de terre agricoles seraient protégés par une agriculture biologique. Faites le test ici.

À l’échelle nationale, 23 millions d’hectares de terre seraient préservés et plus d’un million de producteurs bio (1 187 847 exactement) seraient indispensables pour nourrir les 65 millions de bouches françaises, qui auraient décidé de manger bio et local. Actuellement, le bio est une technique de culture reconnue, qui a encore du chemin à faire pour devenir une référence nationale. En 2013, la France compte 25.000 producteurs bio et cumule un peu plus d’un million d’hectares.

Dans son convertisseur, Terre de Liens parle de "terres sauvegardées" dans la mesure où l'agriculture conventionnelle peut faire perdre jusqu'à 40 tonnes de terre par hectars et par an à cause de l'érosion des sols. Il est également bon de savoir que l'urbanisation grapille tous les jours les terres agricoles pour construire des routes, des parkings ou autre centres d'activités. Cette urbanisation représente 86.000 hectares par an (l'équivalent de 200 fermes). Julien Losfeld, initiateur du convertisseur, explique que l'association Terre de Liens a pour objectif de défendre les fermes à taille humaine, et ainsi éviter les grosses exploitations. Alors qu'une ferme française possède en moyenne 75 hectares, celles mises en place par l'organisme en obtiennent 25.

La démarche effectuée par l’association a surtout été imaginée pour nous faire comprendre la nécessité d’espace et de mains-d’oeuvre liés à l’agriculture biologique face à celle conventionnelle. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles les produits bio sont plus onéreux que les conventionnels. La qualité est plus importante que la rentabilité. Pour certains c’est une évidence, pour d’autres c’est une découverte. De plus, l’association met en avant son activité de location et d’échanges de terres, qui a déjà permis à 140 fermiers d’être accompagnés sur 87 terres et un total de près de 3.000 hectares. L’action est mise en place grâce un investissement solidaire qui dépasse les 20 millions d’euros. C’est ainsi une preuve que la création d’emplois agricoles de proximité est possible par une action solidaire.

Pour en savoir plus : www.terredeliens.org

Rédaction : Mathieu Doutreligne
© auremar - Fotolia.com

Commentaires

Portrait de Anonymes
Le gros souci du monde moderne est le même partout: l'argent ! Un agriculteur préfère investir des sommes colossales dans des engins qui lui évite de payer de la main d'oeuvre, et ce sous la couverture du gouvernement qui va pleurnicher après le nombre de chômeurs croissant. Je ne peux m'empêcher de prendre en référence la ferme de la grelinette, de Jean Martin Fortier, qui nourrit plus de 120 familles en cultivant intelligemment moins d'un ha et fait vivre trois personnes à plein temps. L'agriculture couvée par l'état est bien loin d'avoir une telle rentabilité et encore plus loin de prendre soin de la terre qu'elle exploite (au sens propre du terme)! Quand on reviendra à travailler sur des fermes plus modestes et gérées avec plus lucidité je crois qu'on aura fait un grand pas en avant. En plus de créer de l'emploie, cela permettra de respecter un peu plus le consommateur !
Portrait de sueveng
je suis tout a fais d'accord avec vous ........................
Portrait de sentir
il faut qu'on laisse tomber les villes qu'on revienne à la campagne pour cultiver ns propres jardins
Portrait de Eliane Buchet
:-)
Portrait de Votre nom
En tant qu'agriculteur pratiquant une agriculture raisonnée, je peux vous dire qu'il y a en France un gros problème avec la main d’œuvre... En effet il est très difficile de trouver du personnel qui accepte de faire les taches ingrates que demande le travail à la ferme. Avec 3 salariés à plein temps, tous les matins c'est la loterie pour savoir qui sera présent, entre les malades du lundi et les maladies imaginaires, il est normal que les agriculteurs préfèrent investir dans du matériel: au moins le travail sera fait. Tans qu'il sera possible de rester chez soi à ne rien faire et à gagner autant voire plus d'argent qu'en travaillant, l'agriculture bio ne pourra pas s'épanouir, car qui dit bio dit manuel...
Portrait de Votre nom
bravo ! bien dit
Portrait de Anonymes
Je rejoins le commentaire précédent, à savoir que l'argent nous empêche d'améliorer notre société. Là où il y a de l'argent et du profit, il n'y a ni bon sens, ni bienveillance. J'irais plus loin en disant que si nous voulons donner de l'avenir au futur de l'humanité, cela passera par un changement de paradigme non plus basé sur les contraintes de l'argent, mais sur l'éducation, la bienveillance et l'humanisme. Une économie basée sur les ressources, MEBR semble être plus qu'une simple utopie, mais une réelle nécessité.
Portrait de Anonymes
«Un agriculteur préfère investir des sommes colossales dans des engins qui lui évite de payer de la main d'oeuvre,» Tout à fait, on fabrique ainsi des chômeurs et des dettes. Les chômeurs n'achèteront pas la production mais il faudra payer les dettes. Heureusement il y a l'Europe.... Bon je sort !
Portrait de Votre nom
Pour travailler dans le domaine viticole, je peux vous dire que malgré le nombre de chômeur de plus en plus élevé, on a jamais eu autant de mal à trouver des personnes pour faire les vendanges ! Il y a une dizaine d'année, le téléphone sonnait plusieurs fois par jours lorsque l'on posait l'offre d'emploi. Aujourd'hui il ne sonne plus. C'est pareil pour les agriculteurs qui cherchent de la main d'oeuvre. Les gens ne veulent plus travailler dans les champs sous la pluie, le froid.... Quand aux prix des tracteurs, les agriculteurs préféreraient qu'ils coûtent moins chère mais ils n'ont pas le choix. Si vous connaissez des personnes prêtent à aller piocher des champs de betteraves tout l'été sous le soleil brûlant, la pluie, ... les agriculteurs sont preneurs n'hésitez pas à les mettre en relation !
Portrait de Bruno Galloo
t'en fait une belle de pioche ....
Portrait de Bruno Galloo
Faudrait que Terre de Liens commence par mettre les terre qu'elle possede a disposition des paysans bio en Picardie ....
Portrait de Pier
L'Hémorragie a commencé en 1914 les campagnes se sont vider et l'industrie dopée par l'effort de guerre n'a pas relâcher la pression, les villes ont démesurément grossi comme des tumeurs et l'on a confisqué l'Or des citoyens en le démonétisant c'était le commencement du cauchemars, est ces peut-être pas fini !

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