Tourisme : il y a d'autres façons de voyager

Tourisme : il y a d'autres façons de voyager
Tourisme : il y a d'autres façons de voyager
Par bioalaune publié le
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Réfractaire aux buffets, groupes folkloriques inclus ? Allergique à la grande mosquée à l’heure de pointe ? Les autres manières de voyager s’appellent tourisme solidaire et tourisme responsable. Ça marche plutôt bien. Visite guidée et points de vue sur le monde émergent.

Mal à l’aise à la vue d’un touriste jetant des bonbons aux enfants dans les souks ? Crispé à l’idée d’une soirée derviches tourneurs, turkish delight et flyer multilingue inclus ? Gavé par le buffet international ? Peut-être l’heure est-elle venue de voyager autrement.
“Le tourisme solidaire, c’est découvrir une réalité, vivre des choses jamais vécues, apprendre d’autres vérités. Comment mettre des mots là-dessus ?”, interroge Khalid Jaafria, fondateur de Couleurs Sensations. Structure grenobloise totalement estampillée “Tourisme solidaire”, L’association fait “vivre des petits groupes de voyageurs au plus près de la population” au Maroc, en Mauritanie, au Sénégal, au Brésil, en Croatie...
Concrètement, l’hébergement est chez l’habitant ou dans un équipement géré par le village ; les activités sont les tâches quotidiennes : partie de pêche sur le fleuve, corvée d’eau à dos d’âne, récolte du safran, traite des vaches à grandes cornes, apprentissage de l’art du tajine, exercice de poterie avec le potier ou de samba avec le percussionniste.

Rizière ou désert, toujours au plus près de l’habitant

C’est rizière ou désert mais loin de tout si c’est avec Couleurs Sensations, qui avoue un goût prononcé “pour les coins perdus”, quitte à neutraliser le téléphone portable. Mais là n’est pas l’essentiel. Au coeur du tourisme solidaire se trouve l’attention à ce que “les bénéfices restent dans la région”, est-il annoncé et même chiffré : une moitié du montant acquitté par le touriste pour les transports, 35 % à la population locale, 15 % pour l’organisateur. Précision : la répartition n’est pas toujours aussi favorable à la population locale et il se trouve déjà (toujours ?) des voyagistes fiers d’expliquer que même les matelas ont été amenés de France et que le seul travail du guide local est de tirer le chameau. Autre caractéristique du tourisme solidaire vu depuis la fenêtre de Couleurs Sensations : “Que  l’accueil des touristes reste une activité complémentaire”. Il s’agit d’éviter de faire entrer une communauté dans la logique investissement-rentabilisation, de l’investissement-augmentation des flux...

“Ne pas chambouler l’organisation générale du village”

Plus encore : il convient de “ne pas chambouler l’organisation générale du village” et “faire en sorte qu’une partie de la communauté ne s’accapare pas les touristes”. À ce jeu-là, il faut évidemment un partenaire local, quitte à accompagner son émergence. Un rien condescendante, la posture du voyagiste solidaire ?
“Ce n’est pas : on apporte un projet et on explique ce qu’il faut faire”, rectifie Couleurs Sensations. “Nous aimons bien que l’association villageoise crée son accueil et qu’elle soit à même, si un jour un grand tour-opérateur s’intéresse à son territoire, de négocier avec lui et de maîtriser cette activité tourisme. Ce ne serait déjà pas si mal, non ?”

Par Agnès GOSA | le 03/06/09 à 16h27

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