[dossier] Pourquoi est-il préférable de manger bio ?

Par bioalaune publié le
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Les premiers mouvements de contestation contre les méthodes d'agricultures traditionnelles sont apparus dans les années 60, décennie marquée par une prise de conscience au sein de la population concernant les méfaits des nouvelles techniques de production agricole destinées à produire toujours plus et à moindre coût, au détriment du consommateur et de l’environnement. A partir de là, une partie des citoyens, soucieux de leur santé et de la nature, se sont organisés en coopératives afin d’acheter des denrées alimentaires épargnées par les pesticides et autres polluants nocifs. 

Aujourd’hui, le bio s’est démocratisé et envahit peu à peu les cuisines des foyers français qui se méfient de la nourriture industrielle, convaincus qu’ils avalent des couleuvres, au sens figuré, et malheureusement, peut-être aussi au sens propre. La déferlante de scandales alimentaires, l’accroissement vertigineux de personnes atteintes de cancers, de maladies cardio-vasculaires, de diabète et de sur poids, pathologies qui ont toutes augmentées proportionnellement à l’utilisation de produits chimiques pour la production agricole, posent une question fondamentale : le problème ne serait-il pas dans l’assiette ?

Le bio, une valeur refuge pour préserver sa santé

Il semble que ce soit en effet le cas, et la seule alternative à cet empoisonnement quotidien reste l’achat de produits issus de l’agriculture biologique, une valeur refuge face à une industrie agro-alimentaire qui sacrifie la santé de la terre et des humains pour faire du profit. Bien sûr, les détracteurs du bio n’y vont pas avec le dos de la cuillère pour critiquer des produits qu’ils jugent “trop chers”, “réservés à une élite”, résultats d’un “battage marketing qui surfent sur les scandales alimentaires pour vendre”. Des arguments à la petite semaine qui sont bien loin de la réalité. Alimentation, cosmétique, produits d’entretien... Le bio est partout, et il faut s’en réjouir. 

Tout d’abord, qu’est ce qu’un aliment “bio” ? Un produit biologique est un produit certifié (les légumes que vous faîtes pousser dans votre jardin sont bien évidemment bio eux-aussi, à partir du moment où vous n’utilisez ni engrais chimiques ni pesticides). AB, Demeter, le label AB européen... sont les garants d’un produit issu de l’agriculture biologique qui suit un cahier des charges très précis, véritable reflet des valeurs de toute une communauté : respect de la terre, respect des cycles biologiques, bien-être animal, santé de l’homme et respect de l’environnement. L’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides est formellement interdite et remplacée par des substances naturelles. On produit en champ, à la haute saison, en harmonie avec les écosystèmes environnants. 

Les fruits et légumes bio sont meilleurs au goût et pour la santé. Plusieurs tests ont conduit à la même conclusion : lors d’une dégustation à l’aveugle, le consommateur choisit directement le produit biologique, jugé plus goûteux. Il est temps que la France, pays de la gastronomie, reprenne goût à une nourriture de qualité, au lieu d’avaler des aliments insipides sous prétexte qu’ils sont disponibles en plus grande quantité. Il est vrai, aucun produit issu de la terre n’est aujourd’hui totalement exempt de pesticides et d’engrais chimiques, pour la simple et bonne raison que tous les sols sont contaminés suite à des décennies d’épandage intensif. Cela dit, les produits biologiques en contiennent très peu en comparaison des produits standards, qui eux recèlent de composés chimiques cancérigènes et perturbateurs endocriniens. La France est le plus gros consommateur de pesticides en Europe, et les français présentent un taux de pesticides dans le sang plus élevé que leurs voisins... Un constat inquiétant qui justifie la croissance du bio au cours de ces dernières années.

La filière bio, respectueuse de l’environnement et des hommes

Le supermarché, symbole des trente glorieuses et de l’abondance... mais aussi de la mal bouffe et de l’exploitation des petits producteurs. Pour s’octroyer des marges toujours plus exorbitantes, les supermarchés font pression sur les petits producteurs qui vendent à perte et produisent des fruits et légumes de mauvaise qualité. En privilégiant les circuits courts, comme les AMAP ou le marché, on est en contact direct avec le producteur, qui obtient un bénéfice supérieur pour son produit. De la même façon, les produits biologiques transformés tels que des biscuits offrent la garantie que le fournisseur de matières premières a reçu un revenu convenable pour sa production. Une relation de confiance durable qui unit tous les acteurs du bio, du producteur au consommateur en passant par le distributeur et qui assure l’indépendance financière de l’agriculteur.

Jusqu’ici délaissés par les subventions générées par la Politique d’Agriculture Commune de l’Union Européenne, les agriculteurs bio vivent de leurs ventes, qui constituent leur unique revenu, ce qui explique que les prix soient un peu plus élevés que dans l’agriculture conventionnelle. Les agriculteurs utilisant des méthodes de cultures traditionnelles vendent à perte aux distributeurs , mais touchent les subventions de la PAC pour compenser. Là encore, il s’agit de penser sur le long terme : si tout le monde se décidait à manger bio, les prix baisseraient, les méfaits sur la santé et l’environnement diminueraient eux aussi, ce qui entraînerait une baisse des dépenses allouées aux soins et à la dépollution de l’environnement. L’agriculture biologique est une agriculture raisonnée, qui adapte sa production au fragile écosystème qui l’entoure. 

L’environnement ne pourra pas indéfiniment supporter la consommation à outrance d’une population mondiale qui ne cesse de croître, et qui atteindra 9.3 millards de personne en 2050 selon les experts. Une transition vers l’agriculture biologique est indispensable afin de ralentir le réchauffement planétaire et la pollution des eaux et de l’air, en grande partie provoqués par les activités humaines, et notamment l’agriculture, secteur le plus polluant. L’agriculture conventionnelle, de par l’utilisation d’engrais chimiques et de pesticides, est à l’origine d’une pollution qui touchent l’ensemble de l’écosystème et dont les conséquences sont très graves : la disparition de nombreuses espèces animales, la pollution des nappes phréatique, la perturbation des écosystèmes... Sans parler des emballages plastiques qui mettent plusieurs centaines d’années à se dégrader et de la déforestation qui prive humains et animaux de leur habitat. Le retour à une agriculture raisonnée, qui respecte les cycles de la terre et les saisons, est la seule façon d’inverser la tendance afin d’éviter une catastrophe annoncée. 

Opter pour une alimentation à base de produits biologiques c’est faire le choix d’une consommation durable, qui respecte la terre et tous ses habitants. Les produits biologiques sont le fruit de valeurs éthiques qui font progresser la condition sociale des agriculteurs et qui placent la santé du consommateur au coeur du processus de production. Bien que le cahier des charges de la plupart des labels biologiques peut encore être amélioré, les produits biologiques sont aujourd’hui les seuls garants d’une alimentation de qualité qui préserve votre santé et votre environnement.

Rédaction : Justine Chrisment

 

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