Comment l'Europe risque d'autoriser un nouvel OGM

Par bioalaune publié le
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Alors que le maïs MON810 de Monsanto est actuellement autorisé, l'Europe s'apprète à approuver l'exploitation agricole d'un second OGM. Explication sur une situation inquiètante pour tous les partisans du biologique.

La culture d’un nouveau maïs OGM pourrait bientôt être autorisée en Europe. La Commission Européenne a demandé mercredi 6 novembre dernier l’autorisation de culture du maïs aux États membres. Si aucun accord unanime n’est trouvé sur son autorisation ou son interdiction, le maïs TC1507 sera autorisé sur le territoire européen. Une décision qui risque de relancer l’opinion publique et de nombreux mouvements d’opposition.

Les organisations de défense de l’environnement se montrent déjà très critiques à l’idée d’autoriser un nouvel OGM. “Ce maïs OGM est hautement toxique et ne doit pas être autorisé à la culture dans l’UE” affirme l’association Les Amis de la Terre. L’ONG Greenpeace déclare : “la Commission agit de manière irresponsable en recommandant l’approbation d’un OGM connu pour nuire aux lépidoptères et qui encourage l’usage d’un pesticide tellement toxique qu’il a été banni d’Europe”. En effet, le maïs OGM TC1507 tolère plusieurs herbicides et a pour principe actif le glufosinate d’ammonium, reconnu nocif pour notre santé et celle de l’environnement. Des études ont déjà montré les effets néfastes de ce composé organophosphoré sur le cerveau de rats de laboratoire.

Jugeant la Commission trop lente, c’est en réalité la Cour de Justice Européenne qui a décidé d’accélérer l’acceptation d’un nouvel Organisme Génétiquement Modifié. À son origine, cette demande a été déposée en 2001 par Pionneer, filiale de la société DuPont de Nemours. Tonio Borg, Commissaire à la santé, rappelle que l’Autorité Européenne de la Sécurité Alimentaire (EFSA) a déjà jugé positivement cette demande. Six avis favorables ont déjà été prononcés depuis 2005 de la part de l’EFSA.

Les états membres, à travers leurs ministres de l’environnement, doivent se réunir le 13 décembre et trancher. Le Commissaire rappelle que sans majorité qualifiée, c’est le Pour qui l’emportera : “ceux qui s’abstiendront voteront en faveur de l’autorisation”.

La situation est inquiétante pour les défenseurs de l'environnement, car l’autorisation avait déjà été présentée aux représentants des États en février 2009. Au vu des anciennes positions, le maïs serait autorisé, car six États avaient voté pour (Royaume-Uni, Espagne, Finlande, Suède, Roumanie et Estonie), douze étaient contre (dont la France) et neuf s'abstenaient (dont l’Allemagne). Les pour additionnés aux votes blancs sont supérieurs aux contre.

Rappelons qu'en 2013, le maïs OGM MON810 de Monsanto est autorisé sur le territoire européen et six autres demandes d’autorisation sont en attente. Cette histoire n’est qu’un rebondissement de plus dans l’histoire obscure des OGM en Europe qui démontre également la difficulté politique pour gérer un dossier sensible à vingt-huit.

Rédaction : Mathieu Doutreligne

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