Élection de Trump: la planète va en prendre un coup

Election de Trump: la planète va en prendre un coup
Election de Trump: la planète va en prendre un coup
Par Elodie Sillaro publié le
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Ce mardi 9 novembre, la fin de la lutte contre le réchauffement climatique semble avoir sonné en même temps que la victoire de Donald Trump aux élections présidentielles américaines.

Ni les sondages, ni les médias ne laissaient présager cette nouvelle. À la grande surprise de tous, ce mardi 9 novembre, le milliardaire et populiste Donald Trump est élu président des États-Unis. Pour lui, l'environnement n'est pas un problème et les réglementations, notamment en matière de développement durable, sont un frein à la croissance économique du pays. Retour sur ce qu'envisage le nouvel élu.

Le réchauffement climatique, un “canular”

Donald Trump est un climato-sceptique et n’a pas manqué de le rappeler lors de ses nombreuses sorties publiques. Il ne croit pas au changement climatique qu’il considère comme un “canular” ou une simple “météo extrême”. En 2012, il avait tout bonnement déclaré que “le concept du réchauffement climatique a été créé par la Chine pour rendre l’industrie américaine non compétitive.”

Lors de son intervention au Dakota (second État dans la production gazière et pétrolière), Trump avait, cette fois, adopté un discours beaucoup plus flou dans le but de séduire un maximum d’électeurs républicains y compris ceux qui croient à la réalité du changement climatique. Étant donné qu’on peut pas faire grand chose au changement climatique, il faut relancer l’emploi et cela passe, selon lui, par les énergies fossiles.

Priorité aux énergies fossiles

Pour Donald Trump, les énergies fossiles sont créatrices d’emploi et sources de richesse. Il entend mettre fin aux réglementations qui freinent le développement de l’industrie comme les avantages fiscaux attribués aux énergies renouvelables. “Une réglementation qui oblige des centaines de centrales à charbon à fermer, et qui bloque la construction de nouvelles, c’est pas stupide, ça ?", avait-il déclaré au sujet de la réglementation qu'avait mis en place le président Barack Obama.

De ce fait, il a déclaré avoir l'intention d'intensifier les forages sur le territoire américain ainsi que l’utilisation du charbon. Il relancera également le projet d'oléoduc Keystone XL - censé acheminer les pétroles lourds canadiens vers les raffineries américaines - projet auquel Obama avait mis son veto en février 2015. Trump avait tout de même précisé ne pas être contre les énergies renouvelables car il souhaite conserver l’autonomie énergétique des États-Unis. 

Annulation de l’Accord de Paris sur le climat

D’ailleurs, Donald Trump a promis qu’il annulerait l’Accord de Paris sur le climat établi lors de la COP21 ainsi que le Clean Power Plan mis en place par Obama (programme pour réduire la pollution due aux rejets de CO2). Paul Higgins, de la Société américaine de météorologie, avait expliqué, au site Think Progress, que : “Ruiner ces efforts signifierait que les futures émissions de dioxyde de carbone seraient plus importantes et les futures concentrations atmosphériques seraient plus élevées” avant d’ajouter que "plus on émettra de CO2, plus ses concentrations dans l’atmosphère seront hautes, et plus importants seront les changements climatiques auxquels nous devrons faire face".

Dans un article de l’Obs, Pascal Canfin, directeur général de WWF, s’inquiétait déjà de l’élection de Trump: “S’il est élu, M. Trump ne pourra pas immédiatement retirer la signature des États-Unis de l’accord de Paris d’un point de vue juridique, mais une telle intention politique marquerait de fait un coup d’arrêt de la participation américaine à l’Accord”. Sur RTL, la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, s’était voulue rassurante en déclarant que “le probable prochain président des États-Unis n'était pas en mesure de dénoncer le traité mondial obtenu à Paris fin 2015”.

Mais surtout, l’article 28 de l'accord prévoit que chaque pays peut dénoncer par notification “à l’expiration d’un délai de trois ans à compter de la date d’entrée en vigueur du présent Accord à l’égard d’une Partie [...] Cette dénonciation prend effet à l’expiration d’un délai d’un an à compter de la date à laquelle le Dépositaire en reçoit notification”. En théorie, il ne pourra pas l’annuler d’ici 2020.

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