Les protections périodiques nous protègent-elles vraiment ?

Par Mathieu Doutreligne publié le
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Dans la course à l'efficacité, les industriels rivalisent d'ingéniosité pour proposer des protections périodiques toujours plus performantes à la hauteur des exigences toujours plus hautes des femmes. Au final, ce sont des matières dangereuses qui se retrouvent en contact direct avec les zones les plus sensibles de notre corps.

Apparues au début du XXème siècle, les serviettes hygiéniques jetables ont sans aucun doute révolutionné le quotidien de nos ancêtres par leur aspect pratique. Depuis, elles ont beaucoup évolué. Plus absorbantes, plus discrètes, les serviettes hygiéniques se doivent d'assurer un maximum d'efficacité avec un minimum de matière.

Des substances toxiques dans les serviettes hygiéniques et les tampons

En effet, les serviettes hygiéniques contiennent des cristaux ultra-absorbants : le polyacrylate de sodium (SAP) capable d'absorber 200 à 300 fois sa masse en eau. On retrouve également ce polymère dans les couches pour bébés. Si sa dangerosité n'est pas affirmée à l'heure actuelle, le polyacrylate de sodium est soupçonné de causer de graves allergies.

D'autre part, les serviettes hygiéniques sont majoritairement composées de matières plastiques, issues de la pétrochimie avec les risques que cela implique sur la santé, de la dioxine (un résidu du blanchiment au chlore) molécule classée cancérigène par le CIRC(Centre international de Recherche sur le Cancer) et perturbateur endocrinien avéré. Mais encore de l'aluminium, des parfums de synthèses pour limiter les odeurs, et des résidus de pesticides.

Les tampons ne sont pas en reste, loin de là. Eux aussi contiennent des résidus de pesticides liés à la culture du coton, mais aussi la fameuse dioxine. Autant de toxiques mis en contact direct avec les muqueuses, zones particulièrement sensibles et perméables, qui pénètrent dans l'organisme et s'y accumulent.

Sachant qu'une femme a ses règles en moyenne 520 fois au cours de sa vie, elle utilise environ 15 000 serviettes hygiéniques et/ou tampons. Ce qui représente des tonnes de déchets rejetés le plus souvent dans les eaux usées. Leur composition majoritairement plastique en fait des produits très polluants. En effet, il faut compter 500 ans pour qu'une serviette se dégrade naturellement.

Les protections hygiéniques bio et écologiques

Heureusement pour notre santé et celle de notre planète, il existe des solutions écologiques. D'une part les serviettes et tampons bio qui sont conçus à partir de coton issu de l'agriculture biologique représente une alternative plus saine. Leur fabrication est garantie sans chlore, éliminant les risques liés à la dioxine, sans phtalates et sans parfums, limitant les risques d'allergies et les désordres hormonaux. Enfin, ils sont biodégradables à 99%.

Les serviettes hygiéniques lavables reviennent également sur le devant de la scène. Tout comme les couches lavables pour les bébés, les serviettes hygiéniques lavables n'ont plus rien des protections en chanvre qu'utilisaient nos aïeules. Leur forme adaptée à la lingerie leur permet de se rendre discrètes sous les vêtements les plus moulants tout en assurant une absorption similaire à leurs homologues jetables.

En effet, elles sont composées de matière naturelle, généralement le coton issu de l'agriculture biologique, et dotées d'une membrane absorbante. Le dessous est imperméable pour éviter les tâches sur les vêtements, tout en laissant passer l'air afin de limiter l'humidité et les risques de mycoses qui y sont liés.

La coupe menstruelle

La coupe menstruelle, « cup » en anglais, a fait son apparition il y a peu de temps, mais connaît déjà un franc succès.  Elle se présente sous la forme d'une petite coupe en silicone médical que l'on insère à l'intérieur du vagin à la manière d'un tampon. Mais au lieu d'absorber les pertes, elle les recueille. Il suffit de la vider deux à trois fois par jour et de la rincer avant de la replacer.

Sa durée de vie pouvant aller jusqu'à 10 ans en fait la protection périodique la plus économique et la plus écologique. En effet, son prix varie de 15 à 40 euros selon les marques. Question confort, la coupe menstruelle tient ses promesses : elle ne procure aucune sensation de gène ni de descente comme le peuvent les tampons. Elle n'irrite pas les parois du vagin et surtout, elle ne contient pas de matières cancérigènes, allergènes ni de perturbateurs endocriniens.

Rédaction : Chrystelle Camier

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