Guadeloupe : la forte pollution à la chlordécone confirmée

Par Elodie-Elsy Moreau publié le
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Une nouvelle étude, dont les résultats ont été publiés mercredi, confirme la forte contamination des sols agricoles en pesticides et notamment en chlordécone sur l’île de la Guadeloupe.

Après quatre ans d’analyse, une nouvelle cartographie de la pollution des sols et des bassins en pesticides et notamment en chlordécone sur l’île de la Guadeloupe vient d’être publiée. Cet insecticide cancérogène, classé comme perturbateur endocrinien, a été utilisé de 1972 à 1993 dans les bananeraies pour lutter contre le charançon du bananier. Les conséquences sont aujourd’hui dramatiques.

39 % des 110 bassins contaminés en Basse-Terre

L'étude ChlEauTerre a eu pour objectif d'examniner les bassins versants (les cours d'eau en aval des terres, notamment agricoles). Les chercheurs ont repéré la présence de chlordécone en Basse-Terre "dans 36 % des analyses effectuées, avec des concentrations variables allant de 0,01 à 42,9 micron par litre", affirme la direction de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt de Guadeloupe (Daaf).
Mais ce n'est pas tout.

39 % des 110 bassins versants ont été identifiés comme rejetant en mer des eaux contaminées en Basse-Terre. 

 

En revanche, en Grande-Terre, "seuls quelques points de contamination ont été détectés, avec des taux relativement faibles". Cela s’explique par le fait que la culture bananière est beaucoup moins importante dans cette région. Et si en Grande-Terre, la contamination est moindre, les milieux aquatiques sont tout de même susceptibles d’être pollués et "nécessiteront une surveillance particulière". 

D’autres pesticides interdits retrouvés

La contamination des terres et eaux de l’île ne s’arrête pas à la chlordécone. Les auteurs de l’étude ont retrouvé sur "79 % des bassins versants analysés en Grande-Terre et 84 % sur la Basse-Terre" 37 pesticides différents, dont plus de la moitié est issue des résidus de produits désormais interdits.
Si jusqu’ici, aucune mesure de décontamination des sols à grande échelle n’est élaborée ou prévue, cette nouvelle cartographie pourrait permettre d’"émettre des recommandations aux agriculteurs de produits à cultiver sur ces zones et les méthodes pour éviter leur contamination", a indiqué à l'AFP Virginie Klès, secrétaire générale de la préfecture de la Guadeloupe.

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