Bientôt finis les steaks végétariens ou saucisses végétales en rayon ?

steak végétal et ingrédients sur une table
Les députés votent un amendement pour interdire le terme steak végétal
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
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Jeudi dernier, lors de l'examen du projet de loi sur l'agriculture et l'alimentation, les députés ont adopté un amendement interdisant l’utilisation des termes faisant référence à la viande pour présenter des produits alimentaires d'origine végétale.

Steak végétarien, goût bacon, saucisse végétale, filet… ces termes seront peut-être prochainement bannis sur les produits contenant peu ou pas de viande. Jeudi dernier, dans le cadre de l’examen en commission des Affaires économiques du projet de loi agriculture et alimentation, les députés ont adopté un amendement stipulant que "les dénominations associées aux produits d'origine animale ne peuvent pas être utilisées pour commercialiser des produits alimentaires contenant une part significative de matières d'origine végétale". Pour le rapporteur de l’amendement, Jean-Baptiste Moreau (LREM), éleveur bovin de profession et président de coopérative agricole, il s’agit "d'interdire certaines pratiques commerciales trompeuses pour le consommateur".
Cette mesure concerne également les fromages et laits dits végétaux même si la Cour européenne de justice s’était déjà prononcée sur le sujet. En effet, en juin 2017, elle a interdit l’usage des termes "lait", "beurre", "fromage" pour les produits d'origine végétale.

 

Des dénominations "protégées"

Un arrêté du ministère devrait fixer la liste des dénominations "protégées". La part significative de matières d’origine végétale sera scrupuleusement fixée, et en dessous d’un certain seuil, les appellations relatives à la viande ne pourront être utilisées. Seule exception pour l’heure, le lait de coco qui pourrait bien garder sa dénomination.

Si Jean-Baptiste Moreau espère faire passer cette disposition, rien n’est pour le moins définitif. En effet, l’amendement doit être débattu et adopté par le Sénat et l’Assemblée nationale. Les discussions publiques autour du projet de loi sur l’agriculture et alimentation débuteront le 22 mai prochain.
Si la mesure est validée, elle prévoit des sanctions : en cas de non-respect de la décision d’un juge ordonnant la cessation de la pratique commerciale trompeuse, l’amende pourrait grimper à 300 000 euros. Affaire à suivre. 

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