Eau : à quand la fin du grand gaspillage ?

Eau : à quand la fin du grand gaspillage ?
Eau : à quand la fin du grand gaspillage ?
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Afin de s’attaquer à la vétusté des réseaux d’eau et limiter le gaspillage, le gouvernement lance un large plan anti-fuites. Si le gâchis est aujourd’hui colossal, l’investissement du gouvernement démontre que l’eau de qualité a un coût.

Près de 90 % des Français se soucient de leur consommation d’eau*. L’acheminement et le traitement de l’eau potable sont cependant méconnus par la plupart des citoyens. En effet, le réseau français d'eau potable est ancien et plus de 20 % de l'eau transportée s'évapore dans la nature. Des fuites qui entravent l’arrivée au robinet de près d’un quart de l’eau pompée. Le gouvernement souhaite donc adopter des mesures pour limiter ce grand gaspillage. Explications.

Le gouvernement lance le plan anti-fuites 

Le coup d’envoi des Assises de l’eau promises par Emmanuel Macron lors du congrès des maires a été donné par Sébastien Lecornu, secrétaire d’État auprès du ministre de la Transition écologique et solidaire. Une consultation a donc été lancée par le ministère auprès des maires et des élus locaux en charge de la compétence eau et assainissement. Accessible du 27 avril au 25 mai 2018, la consultation invite ses participants à préciser leurs attentes concernant le renouvellement et la modernisation des installations. Un grand plan anti-fuites qui ambitionne de diagnostiquer l’état des réseaux et de recueillir les propositions des collectivités pour les moderniser. L’objectif : améliorer le réseau d’eau potable que le gouvernement juge très ancien.

 

Un réseau d’eau vétuste

Près d’un million de kilomètres de tuyaux acheminent chaque jour 19 millions de mètres cubes d’eau jusque dans nos foyers. Mais le système d’eau potable français est victime de l’usure, des mouvements de terrain et d’un mauvais entretien. Résultat : plus d’un litre d’eau sur 5 n’arrive jamais dans nos robinets. Des fuites d’eau colossales qui représentent le contenu de 300 000 à 400 000 piscines olympiques ! Les infrastructures sont anciennes et le renouvellement est assuré tous les 150 ans seulement alors que la durée de vie des réseaux est d’une soixantaine d’années.
La dernière vague d’investissements en zone rurale remonte aux grands travaux réalisés durant l’après-guerre. Si les réseaux d’eau et d’assainissement sont en fin de vie, les communes n’ont ni la main d’oeuvre, ni les moyens de financer leur remise en état.

Des mesures coûteuses

Alors que l’état du réseau d’eau manque d’être rénové, certaines organisations pourraient limiter le gaspillage de l’eau. Un dispositif de détection des fuites pour les canalisations ou une refonte des techniques d’irrigation pour économiser l’eau par exemple. Mais ces moyens logistiques ont un coût que les collectivités organisatrices ne sont pas prêtes à payer.
Le gouvernement veut donc s’attaquer à cet énorme gâchis à la fois écologique et économique. L’eau de qualité a cependant un prix. 
Alors que l’eau potable est plutôt bon marché en France, - en comparaison à la moyenne européenne - certaines collectivités locales prévoient une hausse des factures, incitant les autres communes à faire de même.
 

« Le choix du prix de l’eau appartient aux élus. Mais il y a une réalité : une eau de qualité, cela a un coût. Certaines collectivités ont trouvé le juste prix », explique Sébastien Lecornu.


Selon l’Union nationale des industries et entreprises de l’eau et de l’environnement (UIE), un surcoût de 25 à 100 € pourrait s’imposer à un foyer de trois personnes. Augmenter les dépenses publiques n’est cependant par la meilleure solution et l’État réfléchit à d’autres éventualités pour venir au secours des collectivités locales. 

*rapport publié par le Centre d'Information sur l'Eau.

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