Nutri-score, l'étiquetage qui aide à bien se nourrir

Nutri-score, l'étiquetage qui aide à bien se nourrir
Nutri-score, l'étiquetage qui aide à bien se nourrir
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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L’agence Santé publique France lance lundi 7 mai une campagne de publicité pour aider les consommateurs à mieux connaître Nutri-score, l’étiquetage nutritionnel des produits alimentaires vendus en grandes surfaces.

Spots de promotion à la télévision, à la radio ou sur Internet, le gouvernement diffuse la campagne massivement. Et pour cause, en un simple coup d’oeil sur l’emballage, il est désormais possible de connaître la valeur nutritionnelle des aliments superposés sur les étals des supermarchés.

Une campagne pour convaincre l’opinion

"Avec le Nutri-Score c'est plus facile de manger mieux", arbore ce spot publicitaire de 30 secondes, diffusé à la télévision durant trois semaines. Lancé par le ministère de la Santé en novembre 2017, le logo a pour ambition d'améliorer l'information nutritionnelle fournie aux consommateurs.
Illisibles et incompréhensibles, les étiquettes au dos des emballages nous causent souvent du fil à retordre. Nutri-score traduit ces caractères indéchiffrables en un logo, plus abordable pour le consommateur. L’objectif ? Identifier et comparer la valeur nutritionnelle des produits et avoir une meilleure idée de leur qualité.

Le principe est simple : cinq lettres (A, B, C, D et E) renseignent sur la teneur en graisse en en sucre. L'étiquetage s’appose directement sur le produit, allant de la lettre A en vert, pour une valeur nutritionnelle correcte à la lettre E en rouge qui désigne un mauvais équilibre nutritionnel. Une signalétique simple mais qui demeure facultative. Une caractéristique que le gouvernement veut mettre en avant pour pallier la diffusion lente de cette initiative. L’étiquetage se veut "synthétique, scientifique et facile d’accès", insistait l’agence Santé publique France sur son site en février 2018.

"Par cette campagne, les pouvoirs publics, soutenus par plus de 50 entreprises déjà engagées, les associations de consommateurs, les professionnels de santé et la communauté scientifique en France, adressent un message fort aux industriels et distributeurs pour qu'ils rejoignent cette démarche de transparence, en vue d'améliorer la santé de toute la population", a écrit Santé publique France.


Un système partiellement approuvé…

En 2014, Serge Hercberg, chercheur en épidémiologie de la nutrition et président du programme national nutrition santé (PNNS), est à l’initiative du projet. Le nutritionniste a bénéficié de l’aide de l’agence Santé publique France, devenue dépositaire de la marque Nutri-score. Le projet est ensuite salué par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) et approuvé par le Haut conseil de la santé publique (HCSP). Nutri-score compare principalement la teneur en graisses et en sucres des aliments. Les produits qui causeraient risques de surpoids ou maladies cardiovasculaires sont donc estampillés D voire E.
Certains industriels ont adopté ce système d’étiquetage, voyant en lui un avantage commercial. Le projet a donc été adopté par une trentaine d'entreprises de l'agroalimentaire, dont Danone, Bonduelle et Fleury-Michon. Ils ont déclaré avoir commencé à diminuer les conservateurs et les exhausteurs de goût de leurs produits dans le but d’améliorer leur score. En 2017, la ministre de la Santé avait par ailleurs communiqué sa volonté d’inciter les "industriels à améliorer la qualité de leurs aliments".

… mais l’initiative peine à décoller

L'étiquetage suscite de nombreuses réticences. Certains industriels traînent des pieds et rejettent l’initiative. Ils profitent également de la réglementation européenne, qui impose à Nutri-score de rester facultatif. C’est le cas de Nestlé, Coca-Cola, PepsiCo, Mars, Mondelez et Unilever, qui préfèrent créer leur propre système : le Nutri-couleurs. Le dispositif est contesté puisqu’il ne comprend que trois couleurs et quatre catégories : matières grasses, acides gras saturés, sucres et sel. Un rapport de l'ONG Corporate Europe Observatory a également révélé une intervention de l’industrie agroalimentaire en Europe qui aurait dépensé un milliard d'euros en lobbying pour faire échouer un projet de ce type sur les produits européens.


“Si le produit n'a pas de logo, ça sous-entend que l'industriel a des choses à cacher. (...) Ceux qui refusent sont ceux qui ont généralement les produits qui ont les moins bonnes qualités nutritionnelles”, a déclaré le nutritionniste Serge Hercberg sur Europe 1.
 

Pendant que le gouvernement poursuit sa campagne, les consommateurs se sont organisés autrement.
L'application Yuka, qui aide les consommateurs à mieux manger, lui vole la vedette. L’outil propose à ses utilisateurs de scanner le code-barres du produit et indique sa note sur 100. Téléchargée par 3,5 millions de Français en un an, l’application se base à 60 % sur Nutri-score.

 

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