Un lien établi entre pesticides pendant la grossesse et risque accru d’autisme chez l’enfant

Un lien établi entre pesticides pendant la grossesse et risque accru d’autisme chez l’enfant
Un lien établi entre pesticides pendant la grossesse et risque accru d’autisme chez l’enfant
Par AFP/Relaxnews publié le
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De nouvelles recherches ont établi un lien entre de fortes concentrations de pesticides chez la femme enceinte et un risque accru d'autisme chez les enfants.

Parue dans la revue American Journal of Psychiatry, une étude, menée conjointement par des chercheurs de l'Université américaine de Columbia et l'Institut National de la santé et du bien-être finlandais, a analysé des données émanant d'une cohorte d'études finlandaises sur l'autisme. Son but : examiner les taux de DDE (Dichloro Diphényl Dichloroéthylène) chez les femmes enceintes et établir un lien avec un risque accru d’autisme chez l’enfant.

Un dérivé de pesticide qui traverse le placenta

Le DDE est un dérivé du pesticide DDT (dichlorodiphényltrichloroéthane), qui, même s'il est interdit dans de nombreux pays depuis plusieurs décennies, se retrouve encore dans la chaîne alimentaire. Il en découle une exposition continue de certaines populations, et comme ces produits chimiques traversent le placenta, les bébés risquent aussi une exposition in utéro.
Pour cette nouvelle étude, les chercheurs ont suivi 778 enfants atteints d'autisme et 778 autres en bonne santé qui jouaient le rôle de sujets témoins. Les scientifiques ont alors mesuré les niveaux de DDE et de DDT dans des échantillons de sang émanant des mères en début de grossesse. 
Après avoir pris en compte d’autres facteurs tel que l'âge des femmes durant la grossesse, les résultats ont montré que les risques d'autisme augmentaient considérablement lorsque les mères affichaient un taux élevé de DDE.

Des produits chimiques “toujours présents dans l’environnement”

"Nous pensons que ces produits chimiques appartiennent au passé, qu'ils ont été relégués il y a fort longtemps aux produits dangereux du 20ème siècle", a commenté Alan S. Brown, auteur de l'étude. "Malheureusement, ils sont toujours présents dans l'environnement et se trouvent dans le sang et les tissus. Chez les femmes enceintes, ils sont transférés au fœtus. En plus de facteurs génétiques et d'autres facteurs environnementaux, nos résultats montrent que l'exposition prénatale aux DDT pourrait être un des déclencheurs de l'autisme."
Les auteurs concluent que leurs recherches "fournissent les premières preuves fondées sur des marqueurs biologiques que l'exposition maternelle aux insecticides est associée à l'autisme chez leurs enfants". Ils ont noté que l'étude contribuait à une meilleure compréhension de l'autisme et que ses implications pourraient permettre de prévenir les troubles. Les chercheurs précisent cependant que les résultats ne prouvent pas de lien de cause à effet et que de plus amples recherches demeurent encore nécessaires.

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