L’Anses alerte sur les composants toxiques présents dans les couches pour bébés

Couches pour bébés
Couche bébé : L’Anses alerte sur les composants toxiques présents dans les couches pour bébés
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
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L'agence de sécurité sanitaire française a publié un rapport édifiant sur la présence de substances toxiques dans les couches jetables. Ce mardi, elle a mis en garde contre les "risques" pour la santé des bébés.

Dans un rapport publié ce mardi 21 janvier, l’Agence de sécurité sanitaire (Anses) pointe du doigt la présence trop élevée de substances allergisantes, reprotoxiques et cancérigènes dans les changes pour nourrissons. Pour rappel, l’Anses avait été saisie fin janvier 2017 par la Direction générale de la santé (DGS), la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) et la Direction générale de la prévention des risques, après les révélations du magazine 60 millions de consommateurs. Sur les 12 marques de couches analysées par la revue, seules deux ne contenaient pas de résidus "potentiellement toxiques".
Les résultats de ce rapport confirment cet état des lieux. Pour son évaluation, "la première" de ce type au niveau mondial sur les couches, l'Anses s'est appuyée sur les analyses du Service commun des laboratoires (qui dépend de la répression des fraudes DGCCRF) et de l'Institut national de la consommation. S’il n’y a pas de preuves que les couches jetables portées par 95 % des bébés en France soient néfastes, "on ne peut pas exclure un risque (...) puisqu'on observe un dépassement des seuils sanitaires pour un certain nombre de substances", explique à l'AFP Gérard Lasfargues, le directeur général délégué de l'Anses.
Dans cette analyse, aucune marque ne tire son épingle du jeu. "La contamination concerne tous types de couches, y compris [celles] dites écologiques", assure-t-il. L'avis de l'Agence repose sur l'étude de 23 références de couches "parmi les plus utilisées", mais il ne cite aucune marque, les données ayant été anonymisées, précise Gérald Lasfargues.  

Un cocktail de produits toxiques !

Des substances parfumantes ajoutées par les fabricants, aux molécules toxiques se formant lors du processus de conception (PCB, dioxines, furanes…) en passant par les hydrocarbures (HAP) pouvant provenir des colles utilisées dans les scotchs de fermeture des couches… la liste des éléments chimiques est longue. Des composés organiques volatiles, du formaldéhyde, et des pesticides, pour "la plupart interdits dans l’Union européenne ", et même du glyphosate, ont été retrouvés précise le rapport.
A ce jour, il "n’existe aucune donnée épidémiologique permettant de mettre en évidence une association entre des effets sanitaires et le port de couches », note le texte. Toutefois, cela n’est pas rassurant quand on sait que la peau fragile des enfants est au contact direct de ces produits. "On calcule une quantité absorbée en fonction du temps de port de couche, du nombre de couches portées par les bébés, jusqu'à 36 mois, et on compare à des valeurs toxicologiques de référence pour chacune des substances", explique Gérard Lasfargues, précisant qu'un bébé porte entre 3.800 et 4.800 couches. Ce concentré de produits indésirables pourrait entraîner des pathologies cutanées (dermatites infectieuses ou inflammatoires, irritations et allergies). Plus grave encore, certains de ces produits sont connus pour être reprotoxiques et cancérigènes. Face à constat, l’Anses "recommande aux industriels [de les] éliminer ou de réduire au maximum leur présence dans les couches jetables", d’autant plus que les parfums, par exemple, sont intentionnellement ajoutés.

Les fabricants convoqués

Les ministères de la Santé, de l'Economie et de la Transition écologique ont souligné de leur côté qu'il n'y avait pas de "danger grave et immédiat", mais ont aussitôt exigé dans un communiqué commun "des fabricants et des distributeurs qu'ils prennent avant 15 jours des engagements pour éliminer ces substances des couches pour bébé". Selon Le Figaro, ces derniers sont d’ailleurs convoqués par le gouvernement ce mercredi matin.
Les fabricants devront faire preuve d’une plus grande transparence vis-à-vis du grand public quant à la composition et des modes de fabrication de leurs produits. Car comme le souligne l’Agence, "les auditions menées n’ont pas permis de connaître avec précision la nature des matériaux " composant les couches. L’Anses a également "mis en évidence un faible nombre de rapports d’organismes publics et la rareté des publications scientifiques indépendantes".

Bien vérifier la composition des couches

Les trois ministères concernés invitent les parents à se renseigner sur la composition des différentes références. Les pouvoirs publics renforceront les contrôles en 2019 et la France plaidera à Bruxelles pour des règles européennes plus "protectrices". Il s’agit d’"une exigence d’évolution de la réglementation REACh en vue de restreindre la présence de certaines substances chimiques dans les couches pour bébés", souligne le gouvernement. Aujourd’hui, les couches jetables sont soumises dans l'UE à la règlementation générale sur les produits de consommation et non à des règles spécifiques contrairement à certains produits cosmétiques et aux protections pour fuites urinaires.

Suite à la publication de ce rapport, Group’hygiène, le syndicat des fabricants de couches pour bébés a réagi par le biais d’un communiqué. "Les couches-bébés sont fabriquées selon des règles strictes tant au niveau des procédés de fabrication que de la sélection des matières premières", affirme-t-il, précisant, que chaque année, "plus de 3 milliards de couches" sont utilisées "sans jamais aucune crise sanitaire".

 

Avec AFP/Relaxnews

Source(s):
  • AFP/Relaxnews
  • Le Figaro
  • Communiqué de presse François de Rugy, Agnès Buzyn et Bruno Le Maire "Substances chimiques dans les couches pour bébés"
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