Les microplastiques, bientôt interdits dans l’UE ?

Les microplastiques, bientôt interdits dans l’UE ?
Les microplastiques, bientôt interdits dans l’UE ?
Par Cécilia Ouibrahim publié le
Journaliste

Véritables poisons des océans, les microplastiques, ingurgités par les espèces marines, se retrouvent souvent dans nos assiettes. Pour combattre ce fléau, l’Union Européenne pourrait bientôt interdire ces particules nocives.

L’Agence européenne des produits chimiques (ECHA) propose, dans un rapport publié mercredi 30 janvier, d’interdire la quasi totalité des microplastiques dans l’Union Européenne d’ici 2020. Ces petites particules, au diamètre inférieur à 5 mm, envahissent l’Europe et résistent à la biodégradation, représentant ainsi l’équivalent de 10 milliards de bouteilles en plastique. S’ils peuvent être issus de déchets dégradés, près de 36 000 tonnes de ces fragments sont utilisés intentionnellement chaque année. Face à la pollution massive provoquée par les microplastiques, l’Union Européenne pourrait donc bientôt restreindre leur usage volontaire. Une interdiction qui concernerait 90 % de ces particules et qui permettrait de réduire de 400.000 tonnes la pollution plastique. 

Des cosmétiques aux engrais : interdire les usages volontaires

Cosmétiques, détergents, peintures ou encore vernis, de nombreux produits du quotidien contiennent ces particules, ajoutées par les fabricants pour des raisons pratiques ou économiques. Un désastre climatique “alimenté par des entreprises irresponsables”, fustige Elise Vitali, responsable de la politique des produits chimiques au Bureau européen de l'environnement, dans les colonnes du journal britannique The Guardian. Elle pointe du doigt les industriels de la cosmétique qui “ont décidé d'échanger des ingrédients naturels comme l'amande moulue, la coque de noix de coco ou les graines d'olive contre des microbilles en plastique, et ignoré les réactions du public et les avertissements scientifiques”. Et d’ajouter : “Nous allons tout mettre en œuvre pour renforcer cette proposition afin d’avoir un impact réel. S'attaquer aux plastiques à l'intérieur des produits n'est que la partie visible de l'iceberg, mais c'est une étape nécessaire.”

“Une préoccupation croissante” 

“Les microplastiques sont une préoccupation croissante pour un certain nombre de droits de l'homme. Les mesures proposées par l’Echa sont nécessaires pour permettre aux générations actuelles et futures de jouir de ce qui est leur droit fondamental : un environnement propre, sain et durable”, argue Baskut Tuncak, rapporteur spécial des Nations unies sur les substances et les déchets dangereux.
Dans son rapport, l’agence européenne s'inquiète de "la persistance et le potentiel d'effets néfastes" des microplastiques. "Une fois libérés, ils peuvent durer des milliers d'années et être pratiquement impossibles à éliminer. Actuellement, il n'est pas possible de déterminer l'impact d'une telle exposition à long terme sur l'environnement", déplore l'ECHA.
Pour l’heure, le comité scientifique de l’ECHA devra examiner la proposition de loi durant 15 mois et envoyer un avis à la Commission européenne qui devra à son tour préparer la législation. Affaire à suivre...

“Une préoccupation croissante” 

“Les microplastiques sont une préoccupation croissante pour un certain nombre de droits de l'homme. Les mesures proposées par l’Echa sont nécessaires pour permettre aux générations actuelles et futures de jouir de ce qui est leur droit fondamental : un environnement propre, sain et durable”, argue Baskut Tuncak, rapporteur spécial des Nations unies sur les substances et les déchets dangereux.
Dans son rapport, l’agence européenne s'inquiète de "la persistance et le potentiel d'effets néfastes" des microplastiques. "Une fois libérés, ils peuvent durer des milliers d'années et être pratiquement impossibles à éliminer. Actuellement, il n'est pas possible de déterminer l'impact d'une telle exposition à long terme sur l'environnement", déplore l'ECHA.
Pour l’heure, le comité scientifique de l’ECHA devra examiner la proposition de loi durant 15 mois et envoyer un avis à la Commission européenne qui devra à son tour préparer la législation. Affaire à suivre...