"L'Affaire du siècle" : l’association Oxfam nous explique pourquoi elle attaque l’État

affiche affaire du siècle
"L'Affaire du siècle" : l’association Oxfam nous explique pourquoi elle attaque l’Etat
Par Anaïs Martinez publié le
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Les quatre associations derrière "L’Affaire du siècle" ont déposé un recours en justice ce jeudi matin contre l’État pour inaction climatique. Après la lettre de refus du gouvernement concernant leur demande, elles ont décidé d’agir juridiquement face à l’urgence de la situation. Entretien avec Noélie Coudurier, responsable de campagne chez Oxfam France.

Avec plus de 2 millions de signatures pour la pétition "L’Affaire du Siècle", Greenpeace France, Oxfam France, Notre Affaire à Tous et La Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme ont décidé de passer à l’action, aidés par la force citoyenne afin que l’État prenne des mesures concrètes en faveur du climat et de l’écologie. Noélie Coudurier, responsable chez Oxfam France de la campagne "Climat et sécurité alimentaire" a accepté de répondre à nos questions.

Comment a été lancée l’Affaire du siècle ?

Noélie Coudurier : "L’Affaire du siècle a débuté grâce au travail initial de Notre Affaire à Tous qui est une association à dominante juridique. Celle-ci avait notifié des carences et des erreurs dans la politique climatique du gouvernement. Leurs membres voulaient élargir leur action, c’est pour cela qu’ils ont décidé de s’associer avec d’autres associations dont Oxfam, Greenpeace et la Fondation de Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme. Ils voulaient surtout une action citoyenne d’où l’appel à d’autres associations et la pétition. Nous à Oxfam, on travaille plutôt avec des pays du Sud où on remarque que les changements climatiques sont plus visibles. Ils touchent aussi les populations vulnérables. Mais cela se voit aussi dans les pays du Nord."

Quel est le contexte de ce recours en justice ?

"Le contexte était favorable pour "l’Affaire du siècle". Plusieurs évènements ont fait que cette action était nécessaire : des catastrophes écologiques comme cet été avec les fortes chaleurs, la démission de Nicolas Hulot le rapport du GIEC sur le réchauffement climatique et des actions du gouvernement qui continuent à n’être pas en phase avec les paroles."

Pourquoi ce recours en justice ? A quoi sert-il ?

"C’est un recours en justice pour "carence fautive". Mais cette action en justice se fait en plusieurs étapes. D’abord, on a dû interpeller l’État en fin d’année pour lui faire une demande préalable. Nous avons eu un refus de l’Etat et qui n’était pas justifié selon nous par rapport aux carences et erreurs dans leur politique climatique. Ce recours est le premier acte déposé auprès du juge : c’est une "requête sommaire" contenant nos recherches et les grandes lignes de notre argumentation."

Quelles sont vos attentes pour la suite ?

Après avoir déposé ce recours, les associations sont tributaires du juge qui va leur demander dans un délai imposé de déposer d’autres documents, des "mémoires complémentaires" d’ici avril.

"Si on a déposé ce recours aujourd’hui, c’est parce qu’on est déjà prêts à donner au juge l’ensemble des éléments. Il y a un important travail de recherches sur les océans, la fonte des glaces, etc. Nous avons vraiment la volonté de ne pas dépasser avril pour déposer ces documents. (...)C’est une première en matière de justice, les juges ont un gros travail à faire de leur côté. Nous n’allons pas faire retomber "L’Affaire du siècle" et la mobilisation citoyenne. A nous d’imaginer de nouvelles formes de mobilisation que nous sommes en train d’élaborer."

Source(s):
  • Interview de Noélie Coudurier, responsable à Oxfam France de la campagne Climat et sécurité alimentaire
  • Oxfam France
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