Chlordécone : une nouvelle étude confirme sa cancérogénicité

Chlordécone dans les bananeraies
Chlordécone : une nouvelle étude confirme sa cancérogénicité
Par Hanen Slimani publié le
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Une nouvelle étude publiée par deux chercheurs français confirme le potentiel cancérigène du chlordécone. Le risque de développer un cancer de la prostate serait trois fois plus élevé chez les personnes exposées à des taux importants, aux Antilles notamment.

C’est un scandale qui dure depuis bien trop longtemps ! Aux Antilles françaises, le chlordécone a été utilisé de très nombreuses années après l’annonce de son classement comme “cancérigène possible” par l’OMS. Près de quarante ans après cette annonce, le gouvernement refuse de reconnaître les dangers de ce pesticide.

Une étude accablante

Mais une nouvelle étude menée par deux chercheurs français confirme le potentiel cancérigène du chlordécone. Publiée dans la revue Journal of Clinical Oncology par Luc Multigner, chercheur à l’Institut national de la santé et de la recherche médicale, et Pascal Blanchet, chef du service urologie au CHU de la Guadeloupe, elle établit des liens très probables entre le chlordécone et le cancer de la prostate. Une révélation qui ne fait que confirmer des faits déjà avérés. Comme le révèle le journal Le Monde, aux Antilles, “avec près de 230 nouveaux cas pour 100 000 hommes chaque année, la Martinique détient le triste record du monde de cancers de la prostate. Il est ainsi deux fois plus fréquent (et plus sévère) en Martinique et en Guadeloupe qu’en métropole, avec plus de 500 nouveaux cas par an sur chaque île.”

Jusqu’à trois fois plus de risque

La particularité de cette étude, c’est qu’elle détermine la probabilité importante de développer ce type de cancer lorsque l’exposition au chlordécone est importante. L’exposition à ce pesticide augmenterait très significativement- jusqu’à trois fois- le risque récidive du cancer de la prostate. Le Monde explique que le risque peut doubler ou tripler “pour les hommes dont les concentrations de chlordécone approchent 1 microgramme par litre de sang. Un niveau d’exposition qui concerne environ 25 % des patients et correspond à 15 % de la population antillaise”. “Cette étude montre que le chlordécone n’a pas seulement un rôle dans la survenue de la maladie mais qu’il influence également son évolution et les traitements”, souligne le chercheur Luc Multigner.

Une révélation de taille donc qui mérite davantage d’éclaircissement de la part du gouvernement.

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