Haro sur les tomates et fraises bio en hiver : la FNAB dit non aux serres chauffées

champ de fraisier sous serre
Haro sur les tomates et fraises bio en hiver : la FNAB dit non aux serres chauffées
Par Anaïs Martinez publié le
Journaliste
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Le 3 avril dernier, le Comité national d’agriculture biologique (CNAB) devait se prononcer sur l’interdiction du chauffage des serres pour la production de fruits et légumes bio hors saison. Une pratique qui va à l’encontre des principes de l’agriculture biologique, celui de respecter les cycles naturels des saisons.

Cette décision tant attendue, de statuer sur l’interdiction des serres chauffées pour le bio, est en discussion depuis l’année dernière, mais vient d’être reportée en juillet 2019, au grand dam de la Fédération nationale de l’agriculture biologique (FNAB) et du Synabio, le syndicat des entreprises bio. Une décision due "à la pression du monde agricole conventionnel" selon eux.

Une pratique non écologique...

Ils ont donc publié un communiqué conjoint afin d’expliquer les problèmes liés à cette pratique.

"Le cahier des charges bio impose le ‘respect des cycles naturels’ et une ‘utilisation responsable de l’énergie’. Or, selon l’étude FoodGES de l’ADEME, une tomate produite en France sous serre chauffée est responsable de 4 fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate importée d’Espagne et 8 fois plus qu’une tomate produite en France en saison". Une méthode qui n’est donc ni basée sur l’impact écologique de la production ni sur le cycle de la terre.

… et qui menace les fondements de l’agriculture bio

"Plus la décision d’interdiction est reportée, plus de nouveaux projets sortent de terre et plus ça sera difficile de revenir en arrière, il faut agir maintenant", explique Jean-Marc Lévêque, président du Synabio.

"Le cahier des charges bio impose le ‘respect des cycles naturels’ et une ‘utilisation responsable de l’énergie’. Or, selon l’étude FoodGES de l’ADEME, une tomate produite en France sous serre chauffée est responsable de 4 fois plus de gaz à effet de serre qu’une tomate importée d’Espagne et 8 fois plus qu’une tomate produite en France en saison". Une méthode qui n’est donc ni basée sur l’impact écologique de la production ni sur le cycle de la terre.

"On ne peut pas calquer un modèle productiviste conventionnel sur une logique biologique qui suppose d’accepter une baisse des rendements et des contraintes de production plus fortes dont la saisonnalité fait partie", déplore Sylvie Corpart, agricultrice bio, représentant la FNAB au CNAB.

"Si les nouveaux acteurs se positionnent au mépris de cette logique, ils détruiront ce que nous avons mis 40 ans à construire ", ajoute-t-elle. 

Pour éviter que de nombreux projets bio avec des serres chauffées émergent avant la décision du CNAB, la FNAB et Synabio demandent un moratoire, pour accorder un délai aux projets de serres chauffées bio.

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