Feu vert en Italie pour le recyclage des couches et des serviettes hygiéniques

Recyclage couches et serviettes hygiéniques
Feu vert en Italie pour le recyclage des couches et des serviettes hygiéniques
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
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Pour lutter contre la masse de déchets impressionnante que représente les couches et les protections hygiéniques, l’Italie passe à l’action.

Près de 187 milliards de couches jetables et 45 milliards de serviettes hygiéniques sont utilisées chaque année dans le monde. Et c’est autant de détritus qui atterrissent dans nos poubelles. Car les déchets organiques compliquent les solutions de recyclage. Mais nos voisins transalpins ont trouvé la solution. En effet, le ministre italien de l’Environnement, Sergio Costa, a signé le 15 mai dernier le décret "End of Waste" autorisant le recyclage des couches et serviettes hygiéniques. Un texte qui entrera en vigueur dès sa parution au Journal officiel. L’objectif de cette mesure : "ne pas incinérer ni jeter plus de 900.000 tonnes de déchets par an", précise-t-il. Comme l’indique le quotidien La Repubblica, désormais, ces produits recyclés "seront considérés comme de véritables matières premières secondaires, ce qui doit leur éviter de finir en décharge au même rang que les déchets non différenciés".

Séparer les composants des couches usagées

Depuis 2017, près de Trévise, l’usine Fater Smart, dont fait partie Procter & Gamble, était déjà dotée d’une technique de recyclage des couches. Celle-ci consiste à assainir et à séparer les différents composants des langes usagés pour ensuite les transformer en matières primaires secondaires, et fabriquer d’autres produits (pinces à linge, emballages industriels, câbles sous-marins…).

Jusqu’à présent, faute d’encadrement, les matières transformées étaient considérées comme déchets et étaient invendables. L’usine ne fonctionnait donc qu’à 15 % de sa capacité. Grâce à la signature de ce décret, l’entreprise va pouvoir tourner à plein régime.

Selon le ministre italien, cette mesure aidera à faire "décoller une industrie entièrement italienne", tout en permettant la création d’un "grand nombre d’emplois".

Les premières données prévoient une réduction du CO2 équivalente à 115.000 automobiles par an.

L’ouverture d’autres usines en réflexion

Pour couvrir les besoins de l’ensemble du pays, il faudrait environ 90 structures de ce type à travers le territoire. Certaines régions ont déjà manifesté leur intérêt pour construire une usine similaire à celle installée en Vénétie. En amont, bien sûr, les municipalités concernées devront procéder au tri sélectif et à une collecte séparée des couches.

Une habitude déjà adoptée par de nombreux habitants. Près de 12 millions d'Italiens peuvent donner ces déchets dans des bacs prévus à cet effet.  

Les Pays-Bas avancent aussi sur le sujet. En septembre dernier, une entreprise néerlandaise a annoncé la création prochaine d’une usine de recyclage destinée à transformer les couches en produits ménagers commercialisables. Grâce au plastique des langes, Harrie Arends, porte-parole de la société d'énergie ARN qui exploitera l'usine, prévoit "de traiter environ 15.000 tonnes de couches par an". 

A quand un système semblable en France ? Pour rappel, selon l’ADEME, un enfant utilise près de 4 000 couches jetables avant l’acquisition de la propreté. A l’échelle de l’Hexagone, cela représente 1 million de tonnes de déchets. Et si les couches lavables semblent plus propres pour l’environnement, elles nécessitent du temps, et une consommation importante d'eau et d'énergie. Sans oublier le voile de protection jetable. C’est pourquoi pour diminuer l’impact écologique, l’ADEME recommande de les laver dans des machines (peu gourmandes en énergie) remplies et à 60° maximum, d’utiliser une lessive saine pour l’environnement et de sécher les changes à l’air libre, bien évidemment.

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