Régime alimentaire, consommation d’alcool, impact carbone : quelles différences entre le consommateur bio et non bio ?

Régime alimentaire, consommation d’alcool, impact carbone : quelles différences entre le consommateur bio et non bio ?
Régime alimentaire, consommation d’alcool, impact carbone : quelles différences entre le consommateur bio et non bio ?
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Une étude française a comparé l’impact sur la santé et l’environnement des régimes alimentaires issus de l'agriculture biologique et conventionnelle. Quelles différences entre les deux types de consommateurs ? Infographie.

Consommer des produits bruts, éviter les pesticides en mangeant bio, privilégier les circuits courts et les modes de production respectueux de la planète… depuis plusieurs années, les recommandations nutritionnelles de santé publique ne cessent d'alimenter les craintes des consommateurs. Une étude française, publiée lundi 1er juillet, a épluché "le revers de notre assiette". Une prise de conscience qui constitue "une véritable révolution", selon Serge Hercberg, professeur de nutrition et l’un des auteurs de l’étude. Le rapport, piloté par un consortium de chercheurs de Solagro, de l’Inra et de l’Inserm, nourri le débat public et met en lumière l'impact d'un régime bio sur la santé publique et environnementale. Les travaux se sont également appuyés sur les conclusions d’autres études, notamment celle menée par BioNutriNet. 

Les consommateurs bio mangent plus de végétaux

Consommation d’énergie, impact carbone, régime alimentaire… des différences entre bio et conventionnel et des résultats qui "interpellent". Les scientifiques ont démontré que plus les consommateurs mangent bio, plus leur alimentation est végétale, et plus ils préservent leur santé et les ressources de la planète. Les travaux révèlent également que l’alimentation des adeptes du bio nécessite moins de surface qu’une alimentation conventionnelle. Si la viande représente l’essentiel de notre empreinte surface, elle constitue 89 % des émissions de gaz à effet de serre des consommateurs conventionnels.

"Une forte consommation d’aliments biologiques semble reliée à une part élevée de protéines végétales dans l’alimentation", souligne l’étude. Plus de 48 % des protéines consommées par les adeptes du bio sont végétales, contre 27 % pour les consommateurs conventionnels. Si les végétaux constituent près de la moitié du régime alimentaire des consommateurs bio, l’apport énergétique est également plus élevé (respectivement de 2 115 et 2 040 Kcal par jour). Fruits et légumes, huiles végétales, fruits secs, légumineuses… ces aliments constituent une part importante de l’alimentation des consommateurs bio.

Les adeptes du bio consomment deux fois moins de viande et plus de produits non raffinés (10 fois plus de céréales complètes pour les femmes et 4 fois plus pour les hommes).

Exit sucre, sodas et aliments transformés 

Produits moins sucrés et moins transformés, moins de fast food et de sodas, sans surprise, le régime alimentaire des consommateurs bio leur garantit des apports en nutriments plus importants. "Les consommateurs bio d’aujourd’hui montrent ainsi qu’une autre alimentation est possible", souligne l’étude. 
Si les hommes férus de bio consomment moins d’alcool que ceux qui s’abreuvent de produits conventionnels, il n’en est pas de même pour les femmes. 
Une meilleure adéquation nutritionnelle

Les résultats de l’étude révèlent que les consommateurs bio jouissent d’une meilleure adéquation aux recommandations nutritionnelles : des apports supérieurs en fer, en iode, en potassium, magnésium, oméga3, en acide gras poly-insaturés et en vitamine B6, D et E. Le régime bio, plus végétal, apporte également plus de fibres. 

Une empreinte environnementale moindre

Le consommateur d’aliments biologiques émet 37 % de gaz à effet de serre en moins que le consommateur de produits conventionnels (1160 kg de CO2 par an contre 1856). Cette différence est essentiellement dûe au régime végétal privilégié dans l’assiette bio. Aussi, pour se nourrir, le consommateur bio utilise 23 % de surface agricole de moins qu’un consommateur conventionnel (3492 m2 contre 4522 m2).

Selon l’étude, les consommateurs bio sont entre 23 et 100 % moins exposés aux résidus de pesticides de synthèse dans leur alimentation. 



 

Source(s):
  • Rapport Solagro - Le revers de notre assiette
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