Au Chili, la culture d’avocat limite l'accès des habitants à l'eau

Au Chili, la culture d’avocat limite l'accès des habitants à l'eau
Au Chili, la culture d’avocat limite l'accès des habitants à l'eau
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Au Chili, la culture d’avocat perturbe la consommation des habitants, qui se voient imposer des restrictions d’eau. 

Depuis quelques mois, le chef irlandais JP McMahon, une étoile au Michelin, condamne la culture excessive de l’avocat, qu’il surnomme le nouveau "diamant de sang", en référence au marché des diamants de conflits en Afrique. En plus d’alimenter un désastre environnemental, la forte demande en Europe et aux Etats-Unis menace l’accès des chiliens à une ressource précieuse : l’eau. 

1000 litres d’eau pour un kilo d’avocat

Aliment plébiscité par les adeptes du manger sain, l’avocat s’est imposé dans nos salades. À cause de son empreinte carbone est élevée, l’or vert d’Amérique latine est souvent pointé du doigt par les militants écolos. Mais cela ne semble pas ébranler sa production. Si bien qu’au Chili, la superficie des terres qui abritent les cultures d’avocat a augmenté de 800 % en trente ans, passant de 2000 à plus de 16.000 hectares. Toutefois, cette source de richesse a un prix. Les cultures à perte de vue transforment les fleuves en terres asséchées. En cause : des cultures extrêmement gourmandes en eau. National Geographic rapporte que dans la province de Petorca, située dans la région centrale du Chili, les vergers ainsi que les traditionnelles exploitations de pommes de terre et de tomates ont cédé la place aux avocatiers. Pire encore, le large fleuve qui dominait la région s’est transformé en un étroit filet d’eau en raison des quantités d’eau démesurées nécessaires pour cultiver ces fruits (1000 litres pour un kilo d’avocat), rapporte le magazine. Pour compenser cette consommation pharamineuse, les foyers chiliens se voient ainsi imposer des restrictions d’eau, ressource privatisée par le pays depuis 1981.

"Si les avocats ont de l'eau, pourquoi nous, les êtres humains, on ne peut pas avoir d'eau ? C'est une honte qu'aujourd'hui, au Chili, on nous laisse sans eau", s'indigne une habitante à France Télévisions. Avec 50 litres d’eau autorisés par jour et par personne, les citoyens manquent d’eau pour se laver, arroser leurs récoltes et en distribuer au bétail. Désespérés, ils sont parfois obligés de quitter la région. 

 

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