Le maquillage, nid à superbactéries

Le maquillage, nid à superbactéries
Le maquillage, nid à superbactéries
© Pixabay
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
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Beauté fatale. Une récente étude britannique, publiée dans le Journal of Applied Microbiology, révèle que les pinceaux à maquillage, rouge à lèvres et autres mascaras regorgent de superbactéries parfois "mortelles".

Des chercheurs de l’Université d’Aston, au Royaume-Uni, ont analysé "l'étendue de la contamination" microbienne dans 5 types de produits cosmétiques déjà ouverts et utilisés par leur propriétaire. D’après leur constat, paru dans le Journal of Applied Microbiology, 9 trousses de maquillage sur 10 sont contaminées par des superbactéries. En cause surtout : un manque de connaissance des consommateurs sur les mesures d’hygiène.

Belle à en mourir

Pour mener à bien leur recherche, les scientifiques ont étudié divers produits : rouges et brillants à lèvres, eye-liners, mascaras, brosses et pinceaux. Ils ont ainsi effectué des prélèvements, mis ensuite en culture. Et leurs résultats sont quelque peu inquiétants. En effet, la majorité de produits utilisés (79 à 90 %) présente des bactéries, les brosses, éponges et pinceaux étant les plus contaminés.

Dans tous les types de produits et accessoires de maquillage, les chercheurs ont retrouvé des entérobactéries et des champignons. Pire encore, des bactéries dangereuses comme Staphylococcus aureus, Escherichia coli et Citrobacter freundii, pouvant entraîner des infections mortelles,  ont été décelées dans certaines trousses. Ces micro-organismes étant en contact avec des zones sensibles du visage et des voies de contamination accrues (œil, nez, bouche), ils peuvent engendrer diverses affections plus ou moins sévères allant de l’infection cutanée ou oculaire à une intoxication par le sang.

Des mesures d’hygiène à revoir… devant le miroir

La raison principale de la propagation des bactéries est le manque de nettoyage des accessoires de maquillage. En effet, plus de 90 % d’entre eux ne sont jamais nettoyés et 64 % sont déjà tombés au sol et ont été utilisés directement sur la peau. Les auteurs jugent donc essentiel d’accroître la sensibilisation et l’information auprès des consommateurs afin qu’ils prennent la mesure du risque de contamination bactérienne via l’usage des cosmétiques. Autre mauvaise habitude relevée par les chercheurs : les produits sont généralement utilisés bien au-delà de leur date de péremption.

Si l'Union européenne impose des normes strictes aux marques de maquillage, les chercheurs estiment qu'elle doit durcir le ton concernant la mise en évidence des dates de péremption. Selon eux, les avertissements manquent sur les emballages et les marques doivent davantage alerter les utilisateurs sur les risques potentiels et souligner l’importance d’un nettoyage régulier.

"Il faut faire davantage pour éduquer les consommateurs et l'ensemble des professionnels du maquillage sur la nécessité de respecter ces normes d’hygiène pour les produits cosmétiques aussi », indiquent-ils. Alors sans devoir forcément passer au no make-up, tendance qui prône la beauté au naturel, il suffit d’adopter des gestes d’hygiène au quotidien, en optant, si possible pour des produits bio, exempts de perturbateurs endocriniens.

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