Installer des toilettes sèches à la maison : comment s'y prendre et combien ça coûte ?

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Installer des toilettes sèches à la maison
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Par Claire Villard publié le
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Lorsqu’on sait que l’utilisation d’une chasse d’eau représente jusqu’à 40 % de la consommation d’eau d’un foyer, les toilettes sèches apparaissent comme une sérieuse alternative au petit coin classique. Bien sûr, cela demande d’adapter nos habitudes. Mais bonne nouvelle, leur coût de fabrication est dérisoire, et pour peu que l’on soit un brin bricoleur -ou entouré d’amis qui le sont ! - leur installation est des plus simples.

Et si on adoptait une posture écolo, même au petit coin ? Si certains sont déjà adeptes du papier toilette lavable, d'autres vont plus loin avec les toilettes sèches. Sachez que celles-ci peuvent s’acheter facilement en quelques clics. Les grandes marques de magasin de bricolage en proposent des toutes faites, et on en trouve aussi fabriquées de manière artisanale, livrées en kit à monter soi-même. C’est l’option la plus simple mais aussi la plus coûteuse - comptez entre 400 et 700€ pour des toilettes intérieures, aux dimensions standards et sans l’installation. Les prestations sur-mesure font bien sûr grimper les prix. Quel que soit le modèle pour lequel vous optez, le principe est toujours le même : un seau destiné à la miction et à la défécation, à recouvrir de copeaux de bois ou de sciure, et à vidanger régulièrement. Basique !

Toilettes sèches : équipement de base pour moins de 50 euros

Pour en fabriquer soi-même, de multiples tutos existent sur le web. La première règle à respecter est de construire ses toilettes autour du seau, et non l’inverse : en effet, les dimensions de la structure doivent être adaptées à la hauteur et au diamètre du récipient. C’est donc ce que vous aurez à acheter en premier. Un seau de 25 cl semble être optimal pour un couple. Pensez que plus il est de grande contenance, plus il sera difficile et lourd à manipuler une fois rempli. Côté matériau, l’inox peut être conseillé, mais on privilégiera le plastique alimentaire, en raison de son faible coût et de son caractère recyclable. Ensuite, vous avez besoin au minimum d’une plaque d’OSB à découper en fonction de la taille de la lunette, qui sera l’assise de vos toilettes et sous laquelle viendra se glisser le seau. A vous, ensuite, de choisir quel aspect vous souhaitez donner à vos toilettes sèches : rudimentaire, simple support reposant sur des tréteaux, ou véritable meuble, ce qui est préférable en intérieur. Sachez que pour le matériel de base, à savoir une grande plaque d’OSB, des charnières pour permettre de sortir le seau, un abattant et un brin de visserie, vous ne débourserez pas plus de 50 euros.

"Non, ça ne sent pas mauvais !"

Kévin, 33 ans, a eu l’occasion d’en monter à plusieurs reprises, plus ou moins élaborées, pour ses amis et pour son usage personnel. Le premier conseil qui lui vient à l’esprit pour les néophytes : "Choisir un bel abattant. Ça peut paraître bête, mais je pense que c’est très important pour que l’ensemble fasse propre, et qu’on ait envie de les utiliser." Pour lui, le mieux est d’installer, si possible, ses premières toilettes sèches à l’extérieur, "pour se familiariser, avant de franchir le cap de toilettes intérieures." Pendant plusieurs mois, lui en a utilisé au quotidien dans un espace de 24m2 avec sa compagne, "sans avoir de problème". Le fameux "problème", qui rebute souvent avant d’avoir d’essayer, étant bien sûr la question des odeurs. Il est formel : "Non, ça ne sent pas mauvais, à condition de ne pas être avare en copeaux." Pour s’approvisionner en matière première, Kévin va se servir à la source : "Si vous vous rendez dans une scierie avec vos seaux, il y a de fortes chances pour qu’on vous laisse vous servir en sciure et copeaux de bois. J’ai aussi découvert récemment que la litière pour chat fonctionnait très bien. Mais je préfère le bois : plus naturel, et gratuit."

Vidange et entretien des toilettes sèches

Vous avez fait le deuil de la chasse d’eau. Maintenant, il s’agit de s’habituer à l’entretien de vos nouvelles toilettes. Le seau se change en moyenne chaque semaine pour une famille de quatre personnes, et tous les quinze jours pour un couple. Partez du principe qu’une fois rempli à moitié, il doit être vidé.
Certains systèmes élaborés permettent d’actionner un tapis roulant sur lequel le seau est posé, et qui conduit celui-ci dans un espace dédié, au garage ou à l’extérieur. Ils limitent les manipulations et les maux de dos éventuels. Mais si votre espace est correctement aménagé (circulation facile autour du bloc toilettes et suffisamment de place pour sortir le seau confortablement), vous n’aurez aucun problème pour effectuer la vidange manuellement. Le contenu : au compost ! Si vous n’en possédez pas, les déchets peuvent être collectés en tant que déchets verts. Les toilettes sèches supportent tout type de papier toilette, néanmoins dans un esprit plus écologique, il est plus cohérent d’utiliser du papier recyclé non blanchi, voire même du papier toilette lavable.

Pour l’entretien, un simple mélange d’eau et de vinaigre blanc à pulvériser sur les parois du seau fera l’affaire. Il est toujours possible d’utiliser quelques gouttes d’huiles essentielles (lavande, citron, arbre à thé…) pour ménager les narines les plus sensibles.

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