Photos choc, sortie cinéma et discours tranchant : Greta Thunberg n’a pas dit son dernier mot

Greta Thunberg
Greta Thunberg
© Facebook Greta Thunberg
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
Rédactrice en chef
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Alors qu'un documentaire biographique sur Greta Thunberg sort aujourd'hui en salles, la jeune militante suédoise a pris la parole ce mardi 28 septembre au sommet des Jeunes sur le changement climatique organisé par les Nations unies, à Milan.

Avec la crise sanitaire et les multiples confinements, Greta Thunberg était un peu moins présente dans les médias, mais n’a pas pour autant arrêter son combat. Figure de proue de la jeunesse mobilisée pour le climat, la suédoise de 18 ans revient aujourd’hui sur le devant de la scène, toujours portée par son engagement contre l’inaction politique en la matière. Ce mardi 28 septembre, elle a une nouvelle fois interpellé les chefs d’Etat sur l’absence de mesures fortes lors du sommet des Jeunes sur le changement climatique organisé par les Nations unies à Milan.

À bas les "bla-bla" !  

Adulée par certains, critiquée par d’autres, Greta Thunberg fait réagir. A la tribune, et devant les organisateurs de la manifestation, elle a dénoncé sans détour les "trente années de bla-bla" sur le climat des dirigeants du monde. "Il n’y a pas de planète B, il n’y a pas de planète bla bla, bla bla bla, bla bla bla, économie verte bla bla, neutralité carbone en 2050 bla bla", a-t-elle lancé. "C’est tout ce que nous entendons de la part de nos soi-disant dirigeants. Des mots. Des mots qui sonnent bien mais qui n’ont mené à aucune action, nos espoirs et nos rêves noyés dans leurs mots et leurs promesses creuses", a poursuivi la jeune militante. Qualifiant l’inaction des politiques de "délibérée", elle estime qu’il s’agit d’une "trahison des générations actuelles et futures".

L’objectif de ce rendez-vous : mettre en place une déclaration commune qui sera ensuite délivrée aux ministres en fin de semaine. "Ils invitent des jeunes triés sur le volet à des réunions comme celle-ci et ils prétendent nous écouter, mais ce n’est pas le cas, ils ne nous écoutent pas, ils ne l’ont jamais fait", a déclaré Greta Thunberg.
L’assemblée, réunissant 400 jeunes de près de 200 pays, âgés de 15 à 29 ans, a été conquise par son discours, intervenant un mois avant la COP26 (conférence de l’ONU sur le climat), qui se tiendra en octobre 2021 à Glasgow.

"On peut changer les choses" 

Loin d’être défaitiste, Greta croit en la puissance du mouvement de la jeunesse, et souhaite éveiller les consciences. "Mais on peut changer les choses", a-t-elle clamé. "Nous ne pouvons plus laisser les gens au pouvoir décider ce qui est politiquement possible ou non, nous ne pouvons plus laisser les gens au pouvoir décider ce qu’est l’espoir. L’espoir ce n’est pas du bla bla, l’espoir c’est dire la vérité, l’espoir c’est agir, l’espoir vient toujours du peuple".

Alors que le dernier rapport du Giec, publié le 9 août dernier, a conclu à une intensification sans précédent du dérèglement climatique, les actions gouvernementales pour contrer ses effets peinent à voir le jour. Les engagements pris lors de l’accord de Paris, destinés à limiter le réchauffement de la planète à  +1,5°C, ou au mieux en-dessous de +2°C par rapport à l’ère préindustrielle, ne sont toujours pas respectés par les signataires. Et d’après une récente évaluation de l’ONU, le monde se dirige tout droit vers un réchauffement "catastrophique" de +2,7°C.

Photos choc pour dénoncer les catastrophes  

Pour alerter sur le futur climatique cataclysmique, Greta Thunberg a également pris la pose. Le 25 septembre dernier, elle faisait la une de Saturday, le nouveau magazine du Guardian. Elle s’affichait le visage recouvert de peinture noire et d'huile, symbolisant le pétrole et son impact sur l’environnement. "Greta Thunberg a fait le sacrifice ultime pour le Guardian. Elle nous a permis de la transformer en une marée noire humaine", peut-on lire en début d'article. Elle a accordé au titre britannique une longue interview, dans laquelle la militante relate son parcours et ses projets. Elle aborde également son autisme qu’elle associe à un "super pouvoir" dans sa lutte pour le climat. "Beaucoup de personnes autistes ont un intérêt particulier qu’elles peuvent pratiquer pendant une éternité sans se lasser. C’est une chose très utile parfois", soulève-t-elle.

Greta Thunberg : son engagement sur grand écran

Enfin, ce mercredi 29 septembre 2021, c’est aussi la date de la sortie en salles du documentaire biographique sur la jeune suédoise. Baptisé "I Am Greta" et réalisé par Nathan Grossman, il retrace le parcours de l'activiste écologiste. De celle qui est passée de gréviste de l’école pour l’environnement, esseulée, à icône planétaire pour une partie de la jeunesse, et pas seulement…

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