Les vignobles européens seraient malades à cause d’un pesticide

Grappe de raisin dans un champ de vignes
Les vignobles européens seraient malades à cause d’un pesticide
Par Caroline Perrichon publié le
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Déformation des feuilles, bouts de grappes qui ne fleurissent pas, les anomalies se multiplient dans les vignobles européens depuis que les viticulteurs utilisent un pesticide censé lutter contre le champignon Botrytis.

Au printemps dernier, des viticulteurs suisses, italiens et français ont eu la mauvaise surprise de constater que leurs vignes traitées avec le pesticide anti-Botrytis commercialisé par le géant de l’agrochimie Bayer, comportaient de nombreuses anomalies. 

Selon une enquête menée par le magazine l’Illustré, près de 2000 hectares de vignes auraient été endommagés sur le territoire suisse et 900 réclamations aurait été recensées. En France, un professionnel interrogé par le site Rue89 estime que 60 à 70% des viticulteurs ayant utilisé le pesticide sur leurs zones de travail "ont constaté des problèmes dans leurs vignes". 

Luna privilège : un pesticide soi-disant révolutionnaire

Élaboré par la firme allemande Bayer après douze années de recherche, le "Luna Privilège" ou "Moon Privilege" était censé être un produit miracle destiné à lutter contre le champignon Botrytis, dont la pourriture entraîne la perte des grappes.

Mais l’efficacité du produit est aujourd’hui remise en cause. Au lieu de protéger les plantes, le pesticide contribuerait plutôt à les détruire puisque les rendements auraient chuté de 10 à 90 %. Une efficacité douteuse qui s’explique peut-être par la durée des tests. Les tests effectués en conditions réelles se seraient déroulés sur une seule année, entre 2012 et 2013. Or les effets indésirables du fongicide se sont déclenchés dans les vignes des viticulteurs au bout de la deuxième année d’utilisation.

Silence radio

Du côté des viticulteurs, c’est silence radio. Selon le magazine l’Illustré, la majorité d’entre eux auraient choisi de ne pas ébruiter l’affaire afin d’obtenir plus facilement des indemnités de la part de l’industriel : "Malgré des dégâts très lourds, la plupart des viticulteurs préfèrent ne pas témoigner ou, pis encore, feignent d’ignorer le problème, espérant ainsi éviter des mesures de rétorsions de la part de Bayer et récupérer quelques indemnités".

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