Autorisation du glyphosate : l’Europe décide de reporter sa décision

Un agriculteur arrose son champs de pesticides
Autorisation du glyphosate : l’Europe décide de reporter sa décision
Par Elodie Sillaro publié le
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La Commission européenne devait se prononcer sur le renouvellement de l’autorisation du glyphosate pour 15 ans. N’ayant pas rassemblé la majorité qualifiée, le vote est reporté.

Alors que les autorités sanitaires peinaient à s’accorder sur la nocivité du glyphosate, la Commission européenne envisageait, mardi 8 mars, de renouveler son autorisation pour 15 nouvelles années. Plusieurs pays européens ont rejoint le camp des opposants obligeant le report du vote probablement au mois d’avril ou de mai prochain faute de majorité qualifiée.

Des voix entendues

Des associations comme Foodwatch, la Ligue contre le Cancer et Générations Futures s’étaient mobilisées pour mener l’action en justice. Leurs voix mais aussi la nôtre (via la pétition pour interdire l'utilisation du glyphosate en Europe) ont été entendues. Selon Générations Futures, cette pression a influencé directement la France qui a pris position contre le renouvellement de l’homologation du glyphosate, produit “probablement cancérogène pour l’homme” selon l’OMS. La ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, avait confirmé le rejet de la part de France de la proposition du comité européen. La France avait été suivie par la Suède, la Hollande, l’Italie s’interférant dans la décision de la réintroduction du glyphosate.

Et après ?

Les semaines qui vont suivre le report du vote vont être cruciales pour que la Commission européenne adopte le principe de précaution: tant que les soupçons sur la dangerosité ne sont pas écartés, aucune autorisation ne doit être délivrée. La Commission européenne devrait mettre ce temps à profit pour rassembler une majorité qualifiée. De son côté Générations Futures devrait amplifier son action et explorer toutes les pistes juridiques possibles pour empêcher “l’autorisation d’un glyphosate dont l’OMS nous dit qu’il est “probablement cancérogène pour l’homme !””.

Rappelons que la première semaine du printemps est La semaine pour les alternatives aux pesticides. Du 20 au 30 mars, les consommateurs et citoyens sont invités à mieux s’informer sur les enjeux sanitaires et environnementaux des pesticides ainsi que sur les alternatives par le biais de manifestations partout en France et dans une vingtaine d'autres pays.
 

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