L’utilisation des pesticides "tueurs d’abeilles" en forte augmentation en France

Une abeille en train de polliniser une fleur
L’utilisation des pesticides tueurs d’abeilles en forte augmentation en France
Par Valentine Poignon publié le
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En France, l’utilisation de pesticides “tueurs d’abeilles” responsables de la baisse du nombre des pollinisateurs sauvages a augmenté de 31% entre 2013 et 2014.

C’est un chiffre qui fait froid dans le dos. Les cinq principaux pesticides tueurs d’abeilles (acétamipride, clothianidine, thiaméthoxame, imidaclopride, thiaclopride), utilisés sur le territoire français, sont passés de 387 tonnes à 508 tonnes entre 2013 et 2014. L’Union nationale de l’apiculture française (UNAF) - qui avait demandé ces chiffres - a saisi la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) contre le ministère de l’Agriculture.

Un chiffre alarmant

Alors que le Sénat vient de refuser l’interdiction de l’utilisation de ces pesticides, ce chiffre alarmant présente une controverse. Ces insecticides, présents dans les végétaux traités, mais aussi dans les sols et l’air, perturbent le système nerveux des abeilles. Ces dernières n’ont plus aucune orientation et meurent faute de ne plus retrouver leurs ruches. Les pollinisateurs sont essentiels à pour les écosystèmes et l’agriculture, puisqu’ils permettent la reproduction des plantes à fleurs.

L’imidaclopride une molécule, extrêmement toxique pour les pollinisateurs, a augmenté de 36% alors même que Bruxelles avait imposé un moratoire visant à restreindre l’usage de trois des sept néonicotinoïdes commercialisés.

Des données confidentielles

L’UNAF a réussi à obtenir les documents détaillant les chiffres de l’évolution du tonnage de chaque molécule toxique. Cependant, le ministère de l’Agriculture n’a pas transmis le détail concernant les traitements de semences triés par type de culture et les superficies concernées.

L’association a également demandé le document concernant la position de la France sur l’autorisation en Europe de deux néonicotinoïdes, le sulfoxaflor et le flupyradifurone. Il s’agissait de savoir si le pays avait voté pour ou contre l’autorisation de ces nouvelles molécules. Cette demande n’a jamais eu de suite, le ministère rétorquant que cette information “porterait atteinte à la conduite de la politique extérieure de la France”.
"Si nous n'obtenons pas cette information ainsi que toutes celles qui ne nous ont pas été transmises, nous saisirons le Tribunal administratif" a répondu aujourd'hui l'UNAF.

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