OGM : Monsanto et Syngenta influencent les études scientifiques

un scientifique manipule des épis de maïs OGM
OGM : Monsanto et Synger influencent les études scientifiques
Par Donna So publié le
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D’après une étude réalisée par des chercheurs de l’Institut de la Recherche Agronomique (INRA), la recherche sur les plantes OGM fait l’objet de nombreux conflits d’intérêts financiers. Des interférences pourraient influencer les résultats des travaux scientifiques.

40% des études sur les OGM sont gangrenées par les conflits d’intérêts financiers. C’est ce que démontre l’étude “Conflits d’intérêts et publications sur le sujet des plantes OGM Bt” réalisée par des chercheurs de l’INRA. Cette dernière pourrait mettre au grand jour les véritables conclusions des études scientifiques qui tendraient à cacher les véritables conséquences des OGM sur la santé et l’environnement.

Des chercheurs sous influence

Inédite et réalisée par le centre de recherche INRA, l’étude compte pas moins de 40% de conflits d’intérêts financiers dans la recherche sur les OGM. Ce chiffre terrifiant est le résultat d’une analyse de près de 672 articles scientifiques publiés entre 1991 et 2015 sur la question de l’efficacité et la durabilité des plantes OGM Bacillus thuringiensis (Bt) utilisés dans les cultures de maïs, coton et soja.

"Lorsqu'une étude présente des conflits d'intérêts, cela augmente de 49% la probabilité que ses conclusions soient favorables aux OGM".

Les chercheurs se sont intéressés de près aux auteurs de ces articles et remarquent que ces derniers entretiennent deux types de relations avec les fabricants d’OGM : soit une affiliation directe avec des auteurs employés au sein des groupes semenciers tels que Monsanto, Syngenta, Dow AgroSciences ou encore DuPont Pioneer; soit un financement total ou partiel des travaux d’au moins un des auteurs. De cette façon, les résultats de ces études sont influencés par ces conflits d’intérêts, avec des “conclusions plus favorables aux intérêts des industries semencières”, indiquent les chercheurs.

Des taxes pour des recherches indépendantes

Malgré l’altération des résultats, les analyses menées ne déterminent pas si ces conflits d’intérêts financiers représentent la cause directe de conclusions favorables aux intérêts des industries de biotechnologies. Les chercheurs expliquent que “même si l’effet causal des conflits d’intérêts sur les conclusions des publications scientifiques a été démontré dans d’autres domaines (tabac, énergie, pharmacologie), il ne peut être exclu qu’un autre facteur non connu soit la cause à la fois des conflits d’intérêts et des conclusions plus souvent favorables des publications concernant les plantes transgéniques”.

Soucieux de préserver l’intégrité des études scientifiques, les chercheurs de l’INRA proposent alors “de mettre en place un fond de recherche qui, tout en étant financièrement abondé par les industries concernées, en serait indépendant lors du choix des études à financer”. Une solution de plus en plus employée dans la surveillance des médicaments, des produits chimiques ou des pesticides. Ce fond rendrait les états des conflits d’intérêts plus explicites et pourrait sans doute prévenir ces interférences. 

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