5 choses à savoir sur la mégafusion Bayer-Monsanto

5 choses à savoir sur la mégafusion Bayer-Monsanto
5 choses à savoir sur la mégafusion Bayer-Monsanto
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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De l'histoire controversée de Bayer et Monsanto aux conséquences de leur fusion pour les agriculteurs, voici 5 choses à savoir sur les "noces du diable" attendues jeudi 7 juin entre les deux grands groupes.

Les noces du siècle dans la chimie, conclues à l’issue de deux ans de tractations, s’accompagnent de la mort de Monsanto. Ce nom, méprisé des écologistes, est un boulet pour Bayer et disparaît définitivement. La firme allemande d’agrochimie doit se muer, jeudi 7 juin 2018, en géant mondial des pesticides, engrais et OGM. Bayer prévoit ainsi de boucler le rachat du spécialiste américain Monsanto, pour fournir une agriculture toujours plus stimulée par les biotechnologies.

1. Bayer : de l’héroïne aux pesticides...

Créé en Allemagne en 1863, l’entreprise Bayer a inventé l'aspirine. Le groupe d’agrochimie a également vendu de l'héroïne au début du XXe siècle, alors utilisé comme remède contre la toux ou substitut à la morphine ! Pendant la Seconde guerre mondiale, Bayer fait partie du conglomérat chimique IG Farben, tristement connu pour avoir fourni aux nazis le Zyklon B utilisé dans les chambres à gaz. Au fil des années et des acquisitions, le groupe a grossi et emploie désormais près de 100.000 personnes pour un chiffre d'affaires de 41 milliards d'euros en 2017.

2. Roundup et “Agent Orange”

Fondé en 1901 à Saint-Louis, dans le Missouri, Monsanto a d'abord produit de la saccharine, un puissant édulcorant. L’entreprise s'est alors imposée dans l'industrie agrochimique dans les années 1940 et lance "Agent Orange", son défoliant connu pour ses funèbres traînées arc-en-ciel, utilisé comme arme de destruction massive par l'armée américaine au Vietnam.
Son herbicide vedette et controversé, le Roundup, est lancé en 1976. Monsanto met ainsi au point dans les années 1980 la première cellule de plante génétiquement modifiée avant de se spécialiser dans les OGM. Le groupe emploie 20.000 employés à travers le monde et réalise environ 15 milliards de dollars de recettes annuelles.

3. Un prétendant patient

Alors que l'agriculture se prépare à nourrir une population de plus en plus nombreuse, Bayer lorgnait depuis longtemps sur l'américain Monsanto et ses semences OGM capables de résister aux plus puissants pesticides.
Cependant, Monsanto a joué les difficiles et Bayer a dû relever trois fois son offre avant que son rival américain ne cède en 2016, pour un montant de 128 dollars par action.
Ce rachat, le plus important par une firme allemande à l'étranger, a coûté particulièrement cher à Bayer : outre le montant faramineux de la transaction, le groupe a dû céder à BASF une partie de ses activités agrochimiques pour satisfaire les autorités de la concurrence.

4. “Les noces du diable”

Espérant éviter l'hostilité que suscite dans le monde la seule évocation de Monsanto, Bayer a décidé d'abandonner ce nom après son opération de rachat.
Parfois appelée "Monsatan" ou "Mutanto" par ses détracteurs, la firme de Saint-Louis est aussi bien mise en cause pour les OGM que pour les effets du glyphosate. Si le gouvernement français s'est récemment engagé à cesser d'utiliser cette substance d'ici 2021, il n’a pas pour autant inscrit l'interdiction dans la loi.
L'ONG "les amis de la Terre", a rebaptisé la fusion Bayer-Monsanto "les noces du diable" et a prévenu qu'avec ou sans l'étiquette Monsanto, sa vigilance restait de mise.

5. Quel sort pour les agriculteurs ? 

Après la fusion des américains Dow et DuPont et le rachat du suisse Syngenta par le chinois ChemChina, trois énormes groupes contrôlent désormais les deux tiers du marché global des pesticides et semences agricoles. Cette concentration fait alors redouter une pression accrue sur les prix de vente aux agriculteurs.
Seule garantie formalisée par Bayer, qui continuera par ailleurs à développer les herbicides ou pesticides de Monsanto : le groupe ne commercialisera pas de variétés OGM en Europe.

Sources :
Avec AFP

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