Des tonnes de glyphosate encore vendues en France : le plan de sortie dévoilé

Des tonnes de glyphosate encore vendues en France : le plan de sortie dévoilé
Des tonnes de glyphosate encore vendues en France : le plan de sortie dévoilé
Par AFP/Relaxnews publié le
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François de Rugy, ministre d’État à la transition écologique, et Didier Guillaume, ministre de l'Agriculture et de l'Alimentation, se sont exprimés concernant le plan de sortie du glyphosate, un pesticide qui continue à être vendu en tonnes en France.

Le glyphosate est l'herbicide le plus utilisé au monde. Pourtant, ce désherbant très mauvais pour la faune et la flore est considéré comme potentiel cancérigène par l'OMS depuis 2015.

En novembre 2017, alors que chaque pays européen devait se prononcer sur le renouvellement de l'utilisation du glyphosate, la France avait voté par la négative. Pourtant, quelque 8.800 tonnes de ce pesticide continuent à être vendues en France. Un chiffre en baisse de 7 % depuis 2014, a indiqué le 8 novembre le ministre de la Transition écologique François de Rugy.

Augmentation de la taxe sur les substances dangereuses

A l'occasion de leur audition, les ministres ont rappelé la volonté du gouvernement à sortir d'ici à trois ans le glyphosate en ce qui concerne les usages principaux, sous cinq ans pour la totalité des usages. Cela signifie que le gouvernement pourra porter de nouvelles conditions d'utilisation du glyphosate pour les principaux usages uniquement jusqu'au 31 décembre 2020.

Autre mission du gouvernement : proposer des alternatives à ce fléau. En attendant, cette sortie du glyphosate s'inscrit dans une politique plus large de réduction de l'utilisation de produits chimiques dans l'industrie agricole. Il est ainsi prévu une augmentation de la taxation différenciée par la dangerosité du produit.

"En matière d'incitation, nous prévoyons dans le projet de loi de finances 2019, de rénover la redevance pour pollution diffuse des phytosanitaires, qui sera augmentée au 1er janvier sur les substances les plus dangereuses", a indiqué François de Rugy, au côté du ministre de l'Agriculture Didier Guillaume. Pour le glyphosate, elle sera relevée de 50 %, "soit un euro de plus par kilo", a-t-il précisé. "Cette taxe permettra de financer, à hauteur de 50 millions d'euros par an, le développement de l'agriculture biologique en plus des 71 M euros consacrés au programme Ecophyto pour la réduction d'usage des produits phytosanitaires".

8.800 tonnes de glyphosate vendues en France

"Dans le monde, 800.000 tonnes de glyphosate sont utilisées, et 8.800 tonnes vendues en France," a affirmé le ministre à l'Assemblée nationale devant la mission d'information sur le suivi de la stratégie de sortie du glyphosate."Les quantités vendues avaient augmenté fortement entre 2009 et 2014, avant de baisser de 7 % entre 2014 et 2017. En 2014 c'était 9.500 tonnes", a-t-il ajouté.

Concernant les autorisations de mise sur le marché (AMM) des produits contenant du glyphosate, "nous venons de demander à l'Anses" (Agence nationale de sécurité sanitaire), de réviser ses procédures "pour exclure les usages pour lesquels des alternatives sont avérées", a indiqué François de Rugy.

"Sortir en trois ans est particulièrement ambitieux", a estimé François de Rugy.

"En agriculture c'est le 1er herbicide, c'est une transformation profonde des modes de production agricole, ce n'est pas une simple substitution par un autre herbicide", poursuit le ministre. Selon lui, 198 produits contenant cette substance ont une AMM en France, dont 58 demandent actuellement un renouvellement, en cours d'instruction.

Pour aider les agriculteurs, d'ici la fin 2018 "un centre de ressources glyphosate sera disponible, qui mettra en avant ce qui marche", a aussi dit Didier Guillaume, assurant que "la transition vers l'agroécologie est irréversible".

Un délégué interministériel chargé du dossier glyphosate doit être nommé prochainement.

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