Le sel de déneigement, un danger pour l’environnement et pour les hommes

Le sel de déneigement est le fondant routier le plus utilisé en France
Le sel de déneigement est le fondant routier le plus utilisé en France
Par Hanen Slimani publié le
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En l’espace de quelques années, le sel de déneigement est devenu la solution de facilité pour se débarrasser de la neige sur nos routes. Pourtant, le danger du chlorure de sodium est depuis longtemps signalé par les associations de défense de l’environnement. Des solutions existent et sont proposées mais il est malgré tout, de plus en plus utilisé.

Si pour certains, notamment les enfants, la neige est synonyme de joie et d’amusement, pour les automobilistes et les piétons qui ne peuvent rester chez eux à contempler les paysages blancs, il en est tout autre. D’ailleurs, avant même l’apparition de la neige, les rues sont recouvertes de sel. Son utilisation s’est progressivement démocratisée aux dépens de méthodes plus artisanales comme le déblayage ou le sable. Mais cet usage n’est pourtant pas sans danger. Depuis quelques années, associations, élus, et citoyens alertent sur les dangers de l’utilisation du chlorure de sodium sur nos routes.

Le fondant routier le plus utilisé en France

Dès 2011, l’association France Nature Environnement (FNE) mettait en garde l’opinion publique sur le danger des sels de déneigement. Par le biais d’un communiqué, la fédération française des associations de protection de la nature et de l’environnement s'insurgeait de l’utilisation massive de ce composant pour déneiger les voies communes. Il est pourtant le fondant routier le plus utilisé en France, notamment en raison de son rapport coût-efficacité explique le rapport FNE. “Les fondants routiers, par l’action de leurs composés chimiques dont le sel, permettent d’abaisser le point de congélation de l’eau. Outre les traces de métaux lourds présents dans ces fondants, s’ajoutent ceux piégés et accumulés sur et autour des routes. Il s’agit notamment du plomb (Pb), zinc (Zn), aluminium (Al)”, rapporte ce communiqué. Le sel de déneigement est donc un véritable danger pour l’environnement et la faune pouvant être en contact avec ce composant. D’ailleurs, certains élus, n’hésitent pas à dénoncer les méfaits du salage des routes à l’instar de Christophe Grébert, l’élu d’opposition à la mairie de Puteaux. Interviewé par Bio A La Une, il indique que, ingéré par des animaux domestiques ou malencontreusement par des enfants, le chlorure de sodium peut avoir des effets très néfastes.

Un danger pour les lacs

Au Canada, Robin Valleau et Jamie Summers, chercheurs à l’université d’Ontario, ont mis en lumière les effets dévastateurs de l’utilisation du sel de déneigement sur les lacs du pays. Ce constat est d’autant plus préoccupant car son utilisation a fortement accru en une décennie. Cette augmentation affecte, entre autres, la faune marine des lacs environnants. “À fortes concentrations, le sel peut également modifier la façon dont l'eau se mélange et conduire à la formation de poches salées près du fond des lacs, créant des zones mortes biologiques”, expliquent les chercheurs.
Une étude de l’Académie national des Sciences américaine, publiée en 2017, mettait en avant le fait qu’à cette allure, certains lacs d’eaux douces en Amérique du Nord pourraient prochainement devenir salés, ce qui bouleverserait ainsi les écosystèmes. Au Canada, les secteurs considérés comme vulnérables sont épargnés. En France, en revanche, il n’existe pas de législation permettant d’encadrer l’utilisation du chlorure de sodium pour le déneigement.

“Il faut s'accommoder de la neige”

Par le biais de son blog monputeaux.com, Christophe Grébert, s'insurgeait il y a quelques jours de l’utilisation à outrance du sel de déneigement dans sa commune. “En près de vingt ans, nous sommes passés de 30 tonnes à près de 200 tonnes, soit 5 kg par habitant”, nous explique t-il. Selon lui, l’utilisation du chlorure de sodium est une solution de confort. Il déplore le fait que la neige soit devenue “un nuisible” et non pas un épisode météorologique exceptionnel dont il faut simplement s'accommoder. Christophe Grébert préconise plutôt la pratique du déblayage ou l'utilisation du sable, certes plus onéreux et plus long mais sans impact sur l’environnement. “Chacun doit se responsabiliser et déblayer devant sa porte. Les mairies, comme autrefois, ne devraient avoir à s’occuper que des places principales de la ville comme les écoles ou les grandes artères principales” explique l’élu. 

 
Conscientes des dangers du sel sur les voies, certaines municipalités ont pris la mesure des choses. À Sceaux, dans les Hauts-de-Seine, la municipalité propose des alternatives depuis quelques années. La ville affirme utiliser le sel de déneigement de manière raisonnée. Elle propose l’utilisation de sables, de cendres ou encore de sciure de bois pour déneiger les routes. Mais elle rappelle que ces composants peuvent obstruer les réseaux de collectes des eaux pluviales et favoriser les inondations.

La meilleure des options reste donc la solution mécanique. Plus longue et plus coûteuse, elle est tout de même la seule à garantir le respect des écosystèmes.

 

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