Du glyphosate dans les tampons et serviettes de plusieurs marques : la réponse de Natracare

Des millions de femmes sont exposées à des substances dangereuses en utilisant des protections hygiénique
Des millions de femmes sont exposées à des substances dangereuses en utilisant des protections hygiénique
Par Hanen Slimani publié le
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Malgré les recommandations officielles, des résidus de substances chimiques indésirables sont toujours présents dans les protections intimes féminines (tampons et serviettes périodiques), déplore ce jeudi le magazine 60 millions de consommateurs.

C’est une information alarmante qui revient constamment à la une des journaux et magazines. Et pourtant, elle a le mérite de nous rappeler une chose, malgré les multiples alertes : des millions de femmes sont quotidiennement exposées à des substances dangereuses en utilisant des protections hygiéniques. Dans une nouvelle enquête publiée ce jeudi 21 février, le magazine 60 millions de consommateurs met en avant la présence de plusieurs produits chimiques dans des échantillons analysés de différentes marques.

Un rapport de l’Anses déjà très alarmant

"Principal enseignement des nouvelles analyses : les contaminations par des résidus de molécules à risque persistent", écrit le magazine dans son numéro de mars, qui relève essentiellement la présence de résidus de glyphosate, un herbicide controversé, et de phtalates. Cette parution suit de quelques mois un rapport de l'Agence de sécurité sanitaire Anses, motivé par une première enquête de 60 Millions de consommateurs, qui avait fait grand bruit en 2016.

Dans son rapport paru en juillet dernier, l'Anses avait relevé la présence de substances chimiques "en très faible concentration" dans les protections féminines, mais avait souligné que cela ne présentait pas de risque pour les utilisatrices. Pour autant, l'Agence avait recommandé par précaution aux fabricants "d'améliorer la qualité de ces produits afin d'éliminer ou de réduire au maximum la présence des substances chimiques".

Des marques bio également épinglées

Trois ans donc après le lancement de leur première alerte, le magazine dit avoir “souhaité vérifier dans quelles mesures les recommandations de l'Anses étaient suivies par les fabricants". Et les résultats sont pour le moins surprenant. Selon 60 Millions de consommateurs "la présence récurrente du glyphosate ou d'un de ses dérivés dans des produits de grandes marques (...) interpelle de nouveau". Parmi lesquelles : Nana ou Tampax. Et contre toute attente, cela concerne également des marques étiquetées bio comme Natracare ou JHO. Ces tampons présenteraient aussi des traces de pesticides glyphosate. Dans le cas des tampons JHO, il est également question de présence de dioxyne. Dans un communiqué de presse, la marque Natracare répond à cette étude. La marque assure avoir “des résultats constants qui montrent que les niveaux de glyphosate dans notre coton biologique sont si bas qu'ils se situent à la limite de la détection, ou sont indétectables.” La marque ajoute avoir des résultats de tests indépendants effectués sur le même lot de matière première que celui évalué par 60 millions de consommateurs, montrant que le glyphosate est au niveau de trace : ≤0,01mg/kg. “L’analyse de 60 Millions de consommateurs constate que la quantité de glyphosate était de 0,015mg/kg, mais il n'y avait aucune marge d'erreur indiquée (ce que nous nous attendions d’habitude pour des tests à un niveau aussi détaillé).” Natracare dispose du label “Global Organic Textile Standard”. Elle annonce vouloir effectuer une série de nouveaux tests par cet organisme de certification. Enfin, Natracare rappelle que bien que l’utilisation du glyphosate soit interdite dans la production de leur coton biologique, “il est devenu impossible de garantir que tout matériau de culture naturelle soit totalement exempt de résidus de glyphosate” tant l’utilisation du pesticide est aujourd’hui étendue.

La présence de phtalate détectée

"Autre résultat inquiétant : la présence de phtalates que nous n'avions pas détectés auparavant", poursuit l'enquête en citant une substance appelée DEHP. "Suspecté par l'ECHA, l'Agence européenne officielle en charge des substances chimiques, de pouvoir altérer la fertilité (...), le DEHP fait partie des phtalates les plus préoccupants", selon le magazine. 60 Millions de consommateurs déplore qu'"encore trop de marques restent floues sur les ingrédients utilisés dans leurs protections périodiques", en l'absence de réglementation contraignante. Souvent, les marques contestent la concentration détectée par les études du magazine mais ne nient pas pour autant la présence de cette substance dans leurs produits. “Spécifiquement pour le DEHP, le fabricant de la référence Always dit ne pas avoir observé de détection au niveau que nous signalons” explique le magazine.

Bon point pour Love & Green et Organyc

Pour la revue de consommateurs, leurs résultats montrent que peu d’actions concluantes ont été prises par certaines marques trop souvent épinglées. "Les marques mises en cause ne sont pas forcément les mêmes mais le constat demeure. Les jeunes filles et les femmes qui portent des protections périodiques à usage unique peuvent être au contact de résidus pour le moins indésirables de manière chronique. “À quand une prise de conscience collective de la filière, depuis les fabricants de protections périodiques bio jusqu’aux marques leader pour écarter définitivement ces résidus ? À quand des études scientifiques indépendantes sur les perturbateurs endocriniens suspectés ?” interroge l’article.

Au final, les marques conventionnelles maxi-confort Doulys vendues par Leclerc et les tampons avec applicateur Carrefour s’en sortent bien. Du côté des références bio, en plus de Natracare qui assure que les niveaux de glyphosate sont indétectables dans leurs produits, les marques Love & Green et Organyc ont réussi le test haut la main.

 

Avec AFP/Relax News
 

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