Aides pour l’agriculture bio : l’appel des professionnels finalement entendu ?

Agriculteurs bio heureux
Aides pour l’agriculture bio : l’appel des professionnels finalement entendu ?
Par Anaïs Martinez publié le
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Mardi 12 mars, suite à une demande de la Fédération nationale de l’Agriculture biologique (FNAB), le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a affirmé qu’il ne changera pas la durée de versement des aides à la conversion pour l’agriculture biologique. Une annonce synonyme de grand soulagement pour les professionnels de la filière.

Suite aux déclarations du président de la République en faveur d’une réduction des aides, la FNAB avait demandé au gouvernement de clarifier leur position en faveur de l’agriculture bio. Une demande entendue par le ministère de l’Agriculture qui déclare qu’il n’y aura, finalement, pas de changement quant à la durée de versement des aides bio : la durée restera de cinq ans.

L’État maintient ses engagements

Lors du grand débat sur la transition écologique à Gréoux-les-Bains le jeudi 7 mars dernier, le président de la République, Emmanuel Macron, avait annoncé qu’il allait réduire la durée de versement des aides en faveur de la conversion à l’agriculture biologique de cinq ans à trois ans. La FNAB avait alors demandé au gouvernement de se prononcer à propos de la durée.

Le ministère a donc publié un communiqué : "Le ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation tient à préciser que les aides à la conversion pour  l’agriculture biologique sont et resteront versées sur une durée de 5 ans comme c’est le cas aujourd’hui. L’accompagnement des agriculteurs qui prennent le risque de passer en agriculture biologique est essentiel pour garantir son développement. L’objectif de la France dans son programme Ambition Bio est de passer de 6,5 à 15 % de surface agricole utile d’ici 2022 convertie en agriculture biologique. Cette ambition est également en cohérence avec l’objectif d’avoir 20 % des aliments bio en restauration collective à la fin du quinquennat".

"C’est plus de 1,1 milliard d’euros qui vont être mobilisés pour ces conversions. Cela permettra également une structuration territoriale des filières afin de faire de la France le premier pays bio d’Europe”, lit-on dans le communiqué du ministère de l'Agriculture.

Une réponse saluée par la FNAB

Sur son compte Twitter, la FNAB a qualifié de "bonne nouvelle" cette annonce, mettant fin au doute existant concernant les déclarations du gouvernement sur ce sujet.

Les difficultés rencontrées par la FNAB

Dans un communiqué du 8 mars, la FNAB avait rappelé les difficultés auxquels font déjà face les agriculteurs bio pour se convertir au bio et pour maintenir leurs exploitations sous le label bio.

Comme elle l’explique : "L’agriculture biologique est le seul label public contrôlé, plébiscité par les consommateurs, qui impose aux producteurs et productrices un tel niveau d’exigence environnementale avec l’interdiction de la chimie de synthèse et des OGM, la prise en compte du bien-être animal et des cycles naturels".

Le rôle de l’Etat reste majeur dans la prise de décision en matière d’agriculture et de respect de l’environnement :

"Le marché ne remplacera jamais l’État dans son rôle de protection, garant de la qualité de l’eau, de l’air, de la santé des consommateurs et des riverains, de la biodiversité", explique Guillaume Riou, président de la FNAB.

"On ne peut pas en même temps dénoncer le déficit commercial sur l’agriculture biologique et couper les ailes au développement de la filière. Au mieux tout cela est incohérent, au pire c’est irresponsable",  conclut Guillaume Riou.

Une annonce qui reste une bonne chose pour les professionnels de l'agriculture bio même si le versement des aides bio demeure en retard. 

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