Le dioxyde de titane en passe d’être interdit

dioxyde de titane
Le dioxyde de titane en passe d’être interdit
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
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Selon une information révélée par nos confrères d’Europe 1, le dioxyde de titane, colorant décrié, soupçonné d'avoir des effets cancérigènes, pourrait bien être prochainement interdit dans l’alimentation.

La semaine commencerait-elle par une bonne nouvelle ? A en croire une information révélée par Europe 1, le ministre de l'Economie et des Finances, Bruno Le Maire, s’apprête à interdire le dioxyde de titane. Ce colorant, mentionné sur les emballages par les codes TiO2 ou E171, est soupçonné d’être cancérigène.

Confirmation de l’interdiction 

En janvier dernier, plusieurs associations avaient déclaré avoir obtenu du ministre de l'Économie l'engagement de suspendre, à la mi-avril, l'utilisation du dioxyde de titane comme additif alimentaire. Et cela serait désormais officiel. Pour rappel, le ministre avait dans un premier temps écarté toute suspension, puis avait fait marche arrière et attendait, pour se décider, le rapport de l'Agence de sécurité sanitaire des aliments (ANSES), qu’il a eu entre les mains.

Le site Europe 1 indique que Bruno Le Maire "a décidé d'agir puisque ce rapport ne contredisait pas les dernières études faites sur ce colorant. En particulier celle de l'Institut national de la recherche agronomique (INRA), qui a montré il y a deux ans que des rats qui ingurgitaient du dioxyde de titane tous les jours dans les mêmes proportions que nous développaient des anomalies pré-cancéreuses au bout de trois mois."

Les industriels ont pris les devants

Le dioxyde de titane est présent dans de nombreux produits alimentaires sous forme de nanoparticules, ce qui facilite sa pénétration dans l'organisme. On le retrouve notamment dans les chewing-gums, bonbons, sauces, et même dans certains plats préparés. Une récente enquête de l’association Agir pour l'environnement a également indiqué qu’il faisait partie de la composition des deux tiers des dentifrices.

Face à la montée des inquiétudes des consommateurs et la sensibilisation de défenseurs de l'environnement et de la santé publique, de nombreuses marques ont pris les devants. En juin 2018, les confiseurs français avaient annoncé leur engagement à bannir de leurs bonbons l’additif alimentaire controversé, "dès que possible et au plus tard fin 2019".

"Quasiment tous les fabricants de bonbons français ont déjà arrêté d'utiliser ce colorant qui n'est absolument pas indispensable, mais aussi Carambar, Lutti et d'autres", explique Magali Ringot, de l'association Agir pour l'environnement. "L'enjeu est surtout dans les chewing-gums sous forme de dragée, les produits importés et des éléments de décoration pour pâtisserie ou pour les chocolats", souligne-t-elle. 

Et dans les cosmétiques et médicaments ?

Pour l’heure, il semblerait que cette interdiction ne concerne que l’alimentaire. Pourtant, le dioxyde de titane est aussi utilisé en cosmétique, mais aussi pour l'enrobage de milliers de médicaments (4 à 5.000 précise Europe 1). On le retrouve notamment dans le Doliprane en gélule ou le Spasfon rose. Des traitements courants en automédication, qui comporteraient donc également des substances cancérigènes...

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