Sommeil du tout-petit : la méthode chrono-dodo pour bébé, comment s’y prendre ?

Sommeil du tout-petit : la méthode chrono-dodo pour bébé, comment s’y prendre ?
Sommeil du tout-petit : la méthode chrono-dodo pour bébé, comment s’y prendre ?
Par Dorothée Blancheton publié le
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Aude Becquart, consultante en puériculture et parentalité, vient de publier aux éditions Leduc S. « la méthode chrono-dodo ». Un processus issu de ses nombreuses expériences permettant de donner une vraie marche à suivre aux parents pour mieux accompagner le sommeil de leur petit.

Difficultés d’endormissement, rituel du coucher interminable, réveils nocturnes, tétine perdue dans le lit, envie de dormir avec papa-maman… Pour bien des parents, le sommeil de leur enfant est une question sensible. C’est en les aidant au quotidien, à travers sa pratique, d’abord en milieu hospitalier ou en crèche, et désormais en tant que consultante en puériculture et parentalité, qu’Aude Becquart a créé « la méthode chrono-dodo » pour les 0-6 ans. Celle-ci fait d’ailleurs l’objet d’un ouvrage éponyme récemment paru chez Leduc. S.

"C’est une méthode qui accompagne les parents et les enfants en bonne santé de manière bienveillante, sans rapport de force. Elle veille à trouver un juste milieu entre le fait d’être trop présent quand l’enfant appelle la nuit, ce qui peut lui laisser penser qu’il a raison d’avoir peur, et le fait d’être trop absent ce qui pourrait lui laisser croire qu’on ne tient pas compte de lui ", explique l’auteure.

Cette approche suppose également de respecter les 27 fondamentaux du sommeil, parmi lesquels : apprendre à l’enfant à dormir qu’il y ait du bruit ou du silence à côté de lui ; l’habituer à prendre sa tétine par lui-même pour le rendre autonome ; dormir jour et nuit au même endroit…

L’importance du chronomètre

La méthode chrono-dodo porte bien son nom puisqu’ici tout est question de timing, de temps de présence et d’absence à respecter auprès de l’enfant. Et une promesse à la clé : résoudre les problèmes de sommeil en 7 à 10 jours. "Les parents ont souvent tout essayé pour que leur enfant dorme. Ils n’ont pas de certitude sur ce qu’il faut faire et les enfants le ressentent. Là, je leur donne la marche à suivre grâce à un process carré, très minuté. Ils n’ont plus à hésiter, ne sont plus dans le doute. Plus ils savent ce qu’ils doivent faire, plus ça les sécurise et plus ils sont à même d’accompagner leur enfant. Et celui-ci le perçoit", analyse Aude Becquart. Ainsi, les parents n’ont qu’à appliquer la ligne de conduite définie dans l’ouvrage et se sentent moins perdus.

Prévenir l’enfant en préambule

Avant de commencer, on prévient l’enfant que l’on va mettre en place une nouvelle méthode pour l’aider à bien dormir. Les phrases doivent être énoncées avec fermeté et bienveillance sur un ton neutre.
On évite de se laisser parasiter par les émotions. C’est le parent le plus calme qui va dans la chambre de l’enfant pour savoir pourquoi il appelle. Il n’y reste pas plus de 10 secondes. Si l’enfant réclame un seul parent et rejette l’autre, on ne cède pas. Sinon, selon Aude Becquart, on entre dans la toute-puissance infantile et non plus dans le simple besoin d’être rassuré. Les moments de tendresse sont possibles à l’endormissement pour la sieste et la nuit mais pas en plein milieu de celle-ci pour éviter d’encourager les réveils. Le rituel du soir est important pour préparer la séparation mais ne doit pas excéder 15 mn. A partir de 2 ans et demi, l’auteure recommande de fixer des horaires clairs pour se coucher. Une gommette placée sur l’horloge ou un réveil peuvent aider l’enfant à les repérer.

La méthode chrono-dodo pour les bébés

En pratique, comment faire ? Jusqu’à 12-14 mois, que ce soit pour la sieste ou la nuit, les deux premiers jours, le parent doit indiquer à l’enfant dans son lit, qu’il revient dans 15 secondes si besoin. On revient après ce laps de temps s’il exprime une émotion afin de le soutenir. On reste seulement 10 secondes. On lui dit de nouveau que l’on revient dans 15 secondes s’il a besoin. On réitère l’opération quatre fois au total. Si l’adulte et le bébé sont dans l’émotion, optez pour une pause câlin de 2 min et éclipsez-vous rapidement. Ensuite, on s’absente 30 secondes, et on revient 10 secondes auprès de l’enfant s’il pleure. Là aussi, on réitère 4 fois si besoin. S’il le faut, préservez un moment de tendresse. Puis, on enchaine avec des absences de 45 secondes.

Ensuite, 4 options s’offrent à vous :

  • soit l’enfant dort ;
  • soit on fait un temps de pause de 10 mn hors du lit et on reprend la série des absences-présences au début ;
  • soit on refait la dernière phase de 4 fois 45 secondes puis un temps calme de 10 min et on recommence du début ;
  • soit on endort l’enfant comme avant. Cette quatrième option est plus appropriée les premiers jours et toujours à réaliser après deux tentatives intégrales.

Espacer les temps de présence

Pour les jours 3 et 4, on reprend le même principe en débutant par 4 fois 45 secondes d’absence puis, on cajole l’enfant durant 2 min. Pour la suite, on s’absente 4 fois 1 min suivi d’une pause câlin. On s’absente à nouveau 4 fois 2 min et on choisit l’une des 4 options. Même chose les jours 5 et 6 sans recourir à l’option n°4. Le septième jour, on fait des séries de trois absences de 1 min, puis 2 et enfin 3 min.

La méthode se poursuit ainsi les jours suivant en diminuant les temps de présence. "Quand les parents comprennent ce qui se joue, respectent la méthode et accompagnent les émotions de l’enfant, les résultats sont rapides", commente Aude Becquart.
Pour les réveils nocturnes, les 4 premières nuits, suivez la marche à suivre suivante : 4 fois 3 min d’absence avant de prendre l’option 4, et on espace à 5 fois 3 min pour les jours 5 et 6. A partir de la septième nuit, optez pour des visites toutes les 4 min.

Une technique simple mais très millimétrée. Le livre, lui, aborde plus amplement la manière de gérer les émotions de l’enfant et des parents, grâce à de nombreux outils et fondamentaux, pour que chacun retrouve un sommeil serein et de qualité. A vous d’essayer. Top départ !

Source(s):
  • Interview Aude Becquart, consultante en puériculture et parentalité
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