Une maire met en place un arrêté anti-pesticides contre l’avis de l’Etat

Une maire met en place un arrêté anti-pesticides contre l’avis de l’Etat
Une maire met en place un arrêté anti-pesticides contre l’avis de l’Etat
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Une maire d’une commune située dans les Yvelines (78) a décidé de déclarer la guerre aux pesticides. Tandis que la préfecture parle d’illégalité, le monde agricole est en colère.

A l’instar du maire du village le plus écolo de France, qui avait banni les pesticides de sa commune, la maire du Perray-en Yvelines (Île-de-France) a décidé de mettre en place un arrêté contre ces substances chimiques décriées, révèle Franceinfo. Une mesure “illégale” selon la préfecture de Rambouillet qui a suscité de vives réactions chez les professionnels du secteur agricole. 

Les habitants contaminé s aux pesticides

Après avoir découvert l’existence d’un champ d’herbes rouges, colorées par l’usage du glyphosate, Paulette Deschamps a décidé de prendre, le 17 mai dernier, un arrêté municipal contre l’épandage de pesticides dans sa commune qui compte 7000 habitants. Pour prouver que les riverains étaient contaminés, la maire PS du Perray-en-Yvelines a proposé aux populations des alentours d’effectuer des tests urinaires. Lors des résultats, les 47 volontaires dépassent la dose d’insecticides autorisée dans l’eau potable. 
"Tout le monde est au-dessus de la dose qui est acceptée dans l’eau potable. Pour un adulte, c’était 35 fois plus", a confié Paulette Deschamps à Franceinfo.
Afin de protéger les yvelinois, la maire a interdit l'épandage de pesticides à moins de 150 mètres des habitations et des entreprises.

Un arrêté qui fait des ennemis 

Une décision "illégale" qui contient des "irrégularités", pointe le sous-préfet de Rambouillet dans un courrier adressé fin juin à la maire. Celle-ci n’est pourtant pas prête d’abandonner :  "non, je ne vais pas le retirer. C’est mon devoir de maire", scande-t-elle. En plus des avertissements de la préfecture, le monde agricole conteste également cette mesure. Si le secteur garantit que toutes les règles ont été respectées, René, le propriétaire du terrain incriminé, regrette la décision de la mairie et s’inquiète d’une éventuelle baisse du rendement. "Si on n’a pas de pesticides, on a un chiffre d’affaire de 30 à 40 % en moins, et c’est énorme. Là, on est tout à fait dans les normes qu’on nous impose. On sait très bien que nous, on met les produits qu’on nous autorise, et si on ne nous autorise plus, on ne les met plus, terminé !", a-t-il déploré. La FDSEA et les Jeunes Agriculteurs d'Île-de-France ont décidé de le soutenir en portant plainte pour harcèlement.
Paulette Deschamps sera-t-elle jugée par un tribunal administratif ? Pour l’heure, elle peut compter sur le soutien de milliers d’internautes qui ont signé une pétition en ligne en sa faveur

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