Paris et quatre autres grandes villes rejoignent la bataille anti-pesticides

Paris et quatre autres grandes villes rejoignent la bataille anti-pesticides
Paris et quatre autres grandes villes rejoignent la bataille anti-pesticides
© PHILIPPE HUGUEN - AFP/Archives
Par AFP/Relaxnews publié le
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Cinq grandes villes dont Paris ont interdit ce jeudi l'utilisation des produits phytosanitaires chimiques sur leur territoire, rejoignant la bataille anti-pesticides lancée par des maires ruraux.

Dans les pas du maire de Langouët (Ile-et-Vilaine), dont l'arrêté anti-pesticides a été suspendu par la justice, Paris, Lille, Nantes, Grenoble et Clermont-Ferrand ont signé des arrêtés interdisant totalement et immédiatement l'utilisation des produits phytosanitaires sur leur commune, à six mois des élections municipales.

"Il s'agit pour nous d'engager une démarche concertée pour faire changer la loi et concourir à la sauvegarde du patrimoine inestimable de la biodiversité sur nos territoires et de la santé de nos concitoyens", ont expliqué les villes dans un communiqué commun.

Une action symbolique

S'agissant de grandes villes et non de communes rurales abritant des cultures, cette action est en partie symbolique. La loi interdit déjà, depuis 2017, l'utilisation de produits phytosanitaires chimiques par les collectivités pour entretenir les espaces verts et la voirie. Même interdiction depuis janvier pour les particuliers et jardiniers amateurs qui ne peuvent utiliser que des produits d'origine naturelle.

Il ne restait donc plus que les espaces verts privés non ouverts au public, comme les copropriétés et les terrains gérés par les entreprises, notamment la SNCF, grande utilisatrice de glyphosate pour désherber ses voies et leurs abords immédiats.

Malgré tout, l'annonce des cinq grandes villes va "contribuer à amplifier le débat", s'est réjoui Stéphen Kerckhove, de l'ONG Agir pour l'environnement. "Il faut bien comprendre que les pesticides ne concernent pas que les agriculteurs", a-t-il insisté.

“Faire plier le gouvernement”  qui accuse un “coup de com”

"Il faut protéger les habitants de notre ville, c'est plus qu'un principe de précaution", a déclaré à l'AFP Pénélope Komitès, adjointe à la maire de Paris.

Citant une étude non publique, elle a estimé que la surface potentielle concernée atteindrait environ 600 hectares à Paris. A Grenoble, la mairie n'a pas de chiffrage précis mais précise que "quand on parle d'épandage, les émanations vont partout" et que donc les 18 km2 de la ville sont concernés.

Les mairies sont bien conscientes qu'elles s'exposent, comme les précédentes, à des recours des préfets devant la justice administrative. Mais leur démarche est aussi politique. L’objectif : "faire plier le gouvernement", a insisté Stéphane Baly, président du groupe des élus EELV à Lille.

La ministre de la Transition écologique, Elisabeth Borne, a ironisé jeudi sur l'annonce des cinq grandes villes, évoquant sur Twitter un "#coupdecom".

Le ministère s'est étonné de la volonté de "faire plier le gouvernement" de la part de grandes villes "assez déconnectées des réalités que représentent les problèmes de pesticides pour les communes rurales et agricoles".

De son côté, le Collectif des maires anti-pesticides a appelé les élus à multiplier les arrêtés anti-pesticides et à "submerger" la consultation en ligne lancée lundi par le gouvernement, qui a déjà recueilli plus de 11.000 commentaires.

A ce jour, 59 communes urbaines ou rurales -plus le département du Val-de-Marne- ont pris de tels arrêtés.

Photo : © PHILIPPE HUGUEN - AFP/Archives
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