Comment gérer les émotions négatives des enfants pendant le confinement : 3 questions à une psychologue

Par AFP/Relaxnews publié le
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Ennui, panique, déprime... le confinement peut également exercer un impact sur le moral les enfants. Comment les accompagner au mieux dans cette période particulière et potentiellement déroutante ? Éléments de réponse avec Florence Millot, psychologue pour enfants et adolescents.

Mardi 7 avril, la France a entamé sa quatrième semaine de confinement. Alors que le pays n'a toujours pas atteint son pic épidémique et que les mesures en France se durcissent pour enrayer la propagation du Covid-19, "le déconfinement n'est pas pour demain", si l'on se fie aux déclarations du Premier ministre Edouard Philippe.

La psychologue pour enfants et adolescents Florence Millot donne quelques clés. 

ETX Studio : Dans quelle mesure le confinement peut s'avérer difficile à vivre pour les enfants ? 

Florence Millot : Le principal sentiment négatif est l'ennui. L'enfant est très autocentré et donc très affecté par les changements dans son quotidien. Le fait de rester chez soi peut parfois s'accompagner de moments de déprime, parce que les parents travaillent la journée, parce qu'il ne voit plus ses camarades d'école, parce qu'il est enfermé dans un appartement ou encore parce qu'il n'a pas de frères et soeurs avec qui jouer. Au fil du temps, cette sensation d'ennui peut se transformer en une réelle déprime, finalement au même titre que celle d'un adulte. 

Quelles solutions peut-on mettre en oeuvre pour tromper l'ennui et du même coup remédier aux éventuelles baisses de moral ?

F.M : Il est important d'aménager du temps pour des activités en famille. L'une des solutions consiste à casser un peu la routine et communiquer une énergie créative et dynamique, en proposant par exemple des activités ludiques qui sortent de l'ordinaire, définies selon les goûts de l'enfant.

Faire participer son enfant en lui demandant ce qu'il souhaite faire le lendemain peut aussi s'avérer bénéfique, car la perspective d'avoir un programme défini [et tant pis si on ne le respecte pas] lui procurera une sensation de plaisir à l'idée d'entamer la journée du lendemain.

Comment l'accompagner quand la crise sanitaire le touche directement, par exemple dans le cas de la perte d'un proche ? 

F. M : Il est fondamental dans ces moments très difficiles, sachant que se rendre à un enterrement n'est pas toujours possible par les temps qui courent, de prendre du temps pour "dire au revoir". On peut instaurer une sorte de rituel d'adieu, adapté en fonction de l'enfant l'âge bien sûr. Par exemple en mettant des dessins dans une boîte à chaussures destinée à la personne que l'on vient de perdre, en lui écrivant une lettre ou encore en faisant un album photos souvenir. 

La tentation de consoler l'enfant peut être grande, mais il faut veiller à ne pas "mettre de couvercle" sur ses émotions. Il a besoin de traverser cette colère, cette injustice, cette rage. Il faut le laisser exprimer pleinement ses émotions, car c'est de cette manière qu'il pourra faire son deuil. Ensuite, il est important de continuer à parler régulièrement de la personne à l'enfant, pour qu'il ne l'oublie pas."

 

Photo : AFP/Relaxnews
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