Bientôt un masque biodégradable pour réduire nos déchets ?

masque cellulose
Bientôt un masque biodégradable pour réduire nos déchets ?
© Capture d'écran Viméo Xylinum Mask from Garrett Benisch
Par Elodie-Elsy Moreau publié le
3467 lectures

Se prémunir du nouveau coronavirus est essentiel, mais il ne faudrait pas pour autant en oublier la planète. Alors que la pollution due aux masques et gants ne cesse d’augmenter partout dans le monde, différents ingénieurs et designers réfléchissent à la conception de masques biodégradables.

Depuis le début de l'épidémie, le sujet des masques est source de controverse. Alors qu'au départ, le gouvernement affirmait qu'ils n'étaient pas spécialement utiles à la population, mais essentiellement aux personnels soignants et aux malades, aujourd'hui, le discours a changé, le port du masque étant même obligatoire dans certains lieux publics. Et pour cause, il est, en plus des gestes barrières, une protection indispensable pour se protéger du nouveau coronavirus. Une nouvelle étude réalisée par des experts de l'université de Hong Kong, sur des hamsters, révèle que l'utilisation de masques réduit notablement la propagation du virus. 

Si les municipalités et de nombreuses enseignes proposent des masques réutilisables, dits “grand public”, le masque chirurgical jetable à 2 ou 3 plis, est aussi prisé. Problème : lorsqu’il ne finit pas à la poubelle classique puisqu’il ne peut pas être recyclé, à cause de ses microfibres de polypropylène, une matière plastique difficilement revalorisable, il finit sur les trottoirs ou même les plages du monde entier. Et la France n’est pas épargnée. En démontre les appels au civisme de multiples associations de défense de l’environnement et aux agents de la voirie.

Face à cette pollution récente, les initiatives pullulent. Michelin, par exemple, travaille avec l’usine Ouvry spécialisée dans les protections NRBC pour les soldats ou les pompiers, sur un masque réutilisable 100 fois.
Pour rappel, les masques destinés au grand public ne sont plus efficaces au bout de 5, 10, 20, 30 ou 50 lavages selon les matières utilisées pour la fabrication. 

Plusieurs modèles biodégradables en phase de test 

La course à l’innovation pour trouver un système de protection efficace et écologique est lancée depuis plusieurs semaines, alors que la pandémie pourrait devenir endémique, et ne jamais disparaître a averti mercredi 13 mai l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

La recherche d’un traitement est primordiale, mais dans le même temps, la préservation de la planète et la réduction de nos déchets l’est aussi en cette période de crise sanitaire. Fort heureusement, les idées fusent.
Des chercheurs australiens de l’université de Queensland ont conçu un masque en nanocellulose, indique le site WeDemain. Une protection fabriquée à partir de déchets végétaux issus de canne à sucre notamment. Ce masque ferait barrage aux particules inférieures à 100 nanomètres. "Nous avons testé ce matériau, et nous l'avons trouvé plus efficace que les masques de haute qualité disponibles dans le commerce  pour éliminer les nanoparticules de la taille d'un virus", indique un communiqué de l’université.
Alors que les premiers tests ont été réalisés, les créateurs sont désormais en quête de partenaires industriels pour la phase de production à grande échelle, même si leur modèle, n’est à l’heure actuelle, pas encore homologué. 

De leurs côtés, deux designers américains, Elizabeth Bridges et Garrett Benisch, ont élaboré un prototype de masque en cellulose bactérienne. 

Xylinum Mask from Garrett Benisch on Vimeo.

Cette fois-ci, le masque est synthétisé par la Komagataeibacter xylinus, une bactérie sécrétant naturellement de la fibre de cellulose lorsqu’elle se reproduit. Résultat : on obtient un masque à la texture souple, mais parfaitement résistant. Selon les concepteurs, il serait tout aussi efficace que les masque N95 (la norme américaine pour les masques filtrant au moins 95 % des particules).
Il reste toutefois à travailler un inconvénient de taille à l’heure où des milliards d’individus vivent sous la menace du Covid-19 : le processus de fabrication d'un masque dure près de quinze jours.

Espérons donc qu’ils parviennent prochainement à corriger cet aspect chronophage pour permettre à chacun d’être protégé tout en protégeant la planète. 

 

Source(s):
Commentaires