La santé mentale, parmi les victimes collatérales de la Covid-19

Santé mentale
La santé mentale, parmi les victimes collatérales de la Covid-19
Par AFP/Relaxnews publié le
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Le stress est-il le mal du siècle ? Rien ne le dit, et pourtant des millions de personnes sont concernées aux quatre coins de la planète, à des degrés différents. La pandémie n'a rien arrangé puisqu'elle s'est révélée être un facteur d'anxiété supplémentaire, d'après un sondage réalisé par Ipsos pour Headspace. Depuis le début de la pandémie, 62% des Français affirment avoir constaté des changements liés à leur bien-être, et plus d'un tiers font du stress un problème majeur.

Réalisé à l'occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, qui aura lieu le 10 octobre, le sondage révèle que plus des deux tiers des personnes interrogées (69%) se disent plus fréquemment stressées depuis le début de la crise sanitaire. Un constat peu étonnant si l'on prend en compte les mesures de distanciation sociale, additionnées à la crise économique, et au fait que 44% des Français affirmaient déjà que leur niveau de stress était en hausse régulière depuis ces 5 dernières années (édition 2019 du French Stress Index Report).

La santé mentale, un sujet tabou ? 

Alors que près d'un milliard de personnes sont touchées par un trouble mental, d'après l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS), très peu font état de ce problème. Dans l'Hexagone, plus de la moitié des sondés (57%) ne s'étalent pas sur leur santé mentale et n'ont pas l'intention de le faire. Un chiffre identique en Allemagne et au Royaume-Uni. Les hommes sont d'ailleurs davantage discrets sur le sujet : 78% des Français ne parlent pas de leur santé mentale et n'ont pas l'intention de le faire à l'avenir, contre 57% au Royaume-Uni et en Allemagne.

La crise de la Covid-19 peut-elle faire bouger les choses ? Rien n'est moins sûr, puisque seulement 6% des personnes interrogées affirment s'être confiées sur leur santé mentale pour la première fois pendant la pandémie.

Troubles mentaux : des solutions pour aller mieux

S'ils n'en parlent pas, les Français tentent toutefois d'agir pour faire face à leur(s) trouble(s) mental.aux. Près de sept répondants sur dix (68%) ont l'intention de bouleverser leur routine pour prendre soin de leur santé mentale. Plus concrètement encore, un tiers d'entre eux ont entamé une activité liée à la méditation depuis le début de la crise sanitaire.

Certaines activités, gestes, ou pratiques sont privilégiés pour prendre soin de sa santé mentale. Près de la moitié des personnes interrogées (44%) vont tout simplement prendre l'air pour se ressourcer, quand d'autres préfèrent lire (38%), converser avec leurs proches (38%), cuisiner (37%), écouter de la musique (37%), pratiquer une activité physique (35%), jardiner (33%), et même ranger le logement (30%).

Fait intéressant, si 73% des Français se considèrent heureux malgré tout, lorsqu'on leur demande s'ils estiment que la population hexagonale est heureuse, ils sont 59% à répondre par la négative. Un constat similaire au Royaume-Uni, alors que les Allemands sont beaucoup plus positifs avec 76% d'entre eux qui s'estiment personnellement heureux, et 63% qui considèrent que la population allemande est heureuse.

Le cri d'alarme de l'OMS

A quelques jours de la Journée de la santé mentale, l'Organisation Mondiale de la Santé, qui proposera pour la toute première fois une campagne de sensibilisation digitale avec des dirigeants de plusieurs pays et des célébrités, a alerté les dirigeants mondiaux sur la "nécessité urgente d'investir davantage dans un secteur où l'insuffisance du financement est ‎un problème chronique". Une demande qui résulte d'une situation aggravée par la crise sanitaire mondiale, vectrice de stress, d'isolement, et de mal-être, mais également de fortes perturbations dans l'accès aux services de santé mentale.

A ce titre, l'OMS a dévoilé les résultats d'une étude conduite entre juin et août 2020 dans 130 pays issus de ses six Régions, qui révèle que la crise sanitaire est à l'origine de perturbations, voire d'une interruption, des services de santé mentale essentiels dans 93% des nations analysées. D'après les résultats, 30% des pays ont également fait état de perturbations de l'accès aux médicaments destinés au traitement des troubles mentaux, neurologiques ou liés à l'usage de substances psychoactives. Face à cette situation, l'OMS invite les communautés mondiales à agir pour la santé mentale, et à se mobiliser dès le 10 octobre prochain.

Le sondage a été réalisé en ligne par l'Ipsos pour Headspace, entre le 18 et le 21 septembre 2020, auprès d'un échantillon représentatif d'hommes et de femmes âgés de 16 à 75 ans (France = 1.059, Royaume-Uni = 1.096, Allemagne = 1.100).

Photo : Pixabay - sasint

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