Le couvre-feu sonne-t-il la revanche de la pause déjeuner ?

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Le couvre-feu sonne-t-il la revanche de la pause déjeuner ?
Par AFP /Relaxnews publié le

La loi impose une pause déjeuner d'au moins 20 minutes consécutives pour six heures de travail. Avec l'instauration d'un couvre-feu et la fermeture des restaurants à 21h, combien de salariés seront tentés d'allonger la coupure de midi qu'ils avaient pris l'habitude d'écourter ou qu'ils bâclaient en grignotant vite fait un sandwich devant leur écran d'ordinateur ?

65% de Français ont déclaré en décembre 2019 qu'ils ne manquent jamais l'heure du dîner. Plaisir gustatif (83%) et convivialité (81%) sont les atouts attribués au dernier repas de la journée, dans une étude commandée par la start-up Quitoque qui livre des paniers-repas pour manger des produits frais toute la semaine. Des réponses que l'on pourrait sous-estimer - puisque la petite entreprise a tout intérêt à ce que les consommateurs aient l'envie de ne pas zapper le dîner. Mais voilà, les confidences des sondés ont été récoltées par un organisme faisant office de référence en matière d'observation des évolutions des modes de vie : le Credoc (Centre de recherche pour l'étude et l'observation des conditions de vie). Bref, les Français sont attachés au dîner. Forcés de rentrer chez eux à 21h maximum lors de l'instauration du couvre-feu à compter de ce samedi 17 octobre, les Français vont-ils réorganiser leur journée pour offrir davantage de temps à l'autre pause-repas, à savoir le déjeuner ? 

Et si la Covid-19 sauvait la pause déj' ?

Tout comme le dîner a son importance, le déjeuner aussi a écrit sa propre histoire dans la culture culinaire française. On définit officiellement son apparition en 1866 lorsque la Banque de France a l'idée d'installer une cantine autogérée pour ses salariés. La restauration collective devient ensuite la norme dans les années 60 sous l'impulsion des syndicats. En 1957, les premiers titres restaurants donnent l'opportunité de construire un menu personnalisé à l'occasion de la coupure de midi. 

Dans les années 90, les salariés consacraient plus d'une heure et demie à la coupure du midi. La pause déj' a finalement été réduite à 22 minutes, rapportait une étude signée par l'assureur Malakoff Médéric en 2011. A l'époque déjà, on constatait que moins de travailleurs rentraient chez eux pour profiter de leur repas entre midi et deux (34% en 2009 contre 29% en 2011). En 2019, 16% de travailleurs déclaraient profiter de leur pause-déjeuner non pas pour se rassasier... mais avancer dans leurs tâches, selon une étude de l'institut YouGov. A leur bureau ou dans une salle aménagée pour le repas des salariés, un quart des Franciliens déclarait l'année dernière amenait leur lunch box sur leur lieu de travail. Autant de travailleurs rentraient chez eux tandis que seuls 20% choisissaient de s'attabler à la cantine. Le restaurant à l'extérieur ? Seuls 11% disaient choisir cette option.

Dans le même temps, le grignotage a picoré de plus en plus de temps sur nos habitudes, jusqu'à concerner 86% de Français en 2018, d'après une étude du Credoc pour le géant Mondelez International. Rien qu'entre 10h et 11h, 34,4% des personnes interrogées avouaient s'octroyer une pause gourmande. En 2015, 32% de salariés confiaient sauter ce repas tandis que 59% déjeunaient sur le pouce. 

Dans les années 90, les salariés consacraient plus d'une heure et demie à la coupure du midi. La pause déj' a finalement été réduite à 22 minutes, rapportait une étude signée par l'assureur Malakoff Médéric en 2011. A l'époque déjà, on constatait que moins de travailleurs rentraient chez eux pour profiter de leur repas entre midi et deux (34% en 2009 contre 29% en 2011). En 2019, 16% de travailleurs déclaraient profiter de leur pause-déjeuner non pas pour se rassasier... mais avancer dans leurs tâches, selon une étude de l'institut YouGov. A leur bureau ou dans une salle aménagée pour le repas des salariés, un quart des Franciliens déclarait l'année dernière amenait leur lunch box sur leur lieu de travail. Autant de travailleurs rentraient chez eux tandis que seuls 20% choisissaient de s'attabler à la cantine. Le restaurant à l'extérieur ? Seuls 11% disaient choisir cette option.

Photo : Pixabay