Le Calendrier de l'Après: En 2021, Philanthropie is sexy

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Le Calendrier de l'Après: En 2021, Philanthropie is sexy
Par AFP/Relaxnews publié le
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En 2020, donner et aider les personnes dans le besoin n'a jamais été aussi tendance sur les réseaux sociaux. Les marques, les institutions ou encore les célébrités ont tous appelé à la solidarité des internautes. Ce nouveau langage sensible est devenu incontournable d'un point de vue économique. Une véritable stratégie en pleine crise qui n'est pas totalement désintéressée et donc philanthrope. Pourtant, cette prétendue solidarité est cruciale pour continuer à séduire une génération Z qui sera prépondérante en 2021. Voici l'épisode 12 de notre Calendrier de l'Après, cahier des tendances 2021.

Facebook, Instagram mais aussi LEGO, Microsoft et même une flopée de célébrités ont tous organisé des actions solidaires pour venir en aide aux personnes en difficulté cette année. Dans un contexte de crise sanitaire et économique avec une accumulation de mauvaises nouvelles, les internautes du monde entier ont recherché des contenus "feel good" pour ne pas broyer du noir constamment. Les actions solidaires se sont multipliées et sont devenues incontournables pour rester pertinent sur Internet. L'auto-promo n'étant plus permis, au risque de faire un "bad buzz", de nombreux acteurs se sont d'ailleurs succédés pour récolter de l'argent au profit d'associations tout au long de l'année 2020. En réunissant les castings d'anciennes séries populaires comme "Malcolm", "Melrose Place" ou encore "Park and Recreation", les comédiens ont réussi à jouer à la fois sur la corde sensible et sur la nostalgie pour appeler les internautes et les téléspectateurs à faire des dons en ligne. Une tendance qui s'est également propagée sur les réseaux sociaux à l'image d'Instagram, Twitter et de TikTok qui ont permis aux anonymes de soutenir des causes très facilement et parfois même sans avoir à reverser un seul sou. A l'approche de Noël, la marque LEGO a lancé une initiative solidaire pour aider des enfants dans le besoin en répondant simplement à leur sondage sur Instagram pour construire un sapin en briques. Même l'acteur Michael B. Jordan a eu comme idée de rejoindre la sulfureuse plateforme OnlyFans afin de récolter de l'argent pour venir en aide à des écoles. 

Un langage qui rapporte

Si la crise a exacerbé le besoin de se sentir utile, les marques ont su capitaliser sur ce phénomène qui a rythmé toute l'année 2020 et devrait logiquement continuer sur la même lancée en 2021. Facebook a notamment misé sur une stratégie de solidarité en proposant une plateforme importante pour lancer des collectes de fonds. Lors de son "Year in review", le réseau social de Mark Zuckerberg a indiqué avoir permis de récolter 87 millions de dollars grâce à ces levées de fonds en ligne. Plus de 2,6 millions d'internautes à travers le monde ont contribué aux dons dans plusieurs domaines que ce soit pour lutter contre le réchauffement climatique, la défense des animaux et bien sûr pour aider les hôpitaux en cette période de crise sanitaire. D'après une étude britannique menée par Gifted Philanthropy publiée en décembre, "S'il y a un impact positif que la pandémie de Covid-19 a eu sur le secteur, tertiaire c'est que les organismes de bienfaisance à l'avenir seront plus forts pour avoir traversé ces temps difficiles. [...] Elle [la pandémie, N.D.L.R.] a suscité une formidable créativité, avec des collectes de fonds, des bénévoles et des œuvres caritatives en concevant des moyens nouveaux et attrayants de collecter des fonds face à l'adversité." D'après une enquête OpinionWay dévoilée fin novembre, 56% des sondés ont indiqué avoir fait des dons à des associations tandis que 70% ont exprimé leur envie de se mobiliser davantage pour "produire un impact bénéfique sur la société''.

Construire son identité en donnant

Une réaction logique dans un contexte de crise et de manque de lien social pour Michaël Dandrieux, sociologue et co-fondateur du cabinet de conseil Eranos : "Puisque nous sommes dans une société très éclatée, très polarisée politiquement, dans laquelle les gens ne se parlent plus, vous allez avoir envie de donner. Le don étant un moyen de créer de la dette et donc de s'impliquer".

Donner publiquement, sur les réseaux sert aussi la construction d'une identité. En donnant de l'argent à une cause ou pour une personne en difficulté, on affirme ce que l'on est ou ce que l'on soutient grâce aux outils numériques. "Les réseaux sociaux sont des supports d'expression qui nous aident à nous connaître, à être reconnus et à s'engager", avait analysé Laurence Allard, sociologue des usages numériques, maître de conférences, chercheuse à l'IRCAV-Paris 3 et enseignante à l'Université Lille 3 lors de la conférence de presse de TikTok le 3 décembre dernier. Sur 1001 Français et utilisateurs de l'application chinoise, âgés de 18 ans et plus, 31% disent utiliser TikTok pour soutenir une cause. Un constat important pour l'application la plus téléchargée en 2020 et qui devrait atteindre plus d'un milliard d'utilisateurs actifs par mois en 2021

Si 2020 a vu le don public en ligne exploser, ce n'est pour autant que la solidarité réelle a augmenté "C'est plus facile de donner de l'argent quand on n'a pas la personne devant soi et c'est aussi moins engageant", nuance Michaël Dandrieux. "Quand quelqu'un me demande de l'argent pour soutenir un projet ou une personne, je ne suis pas du tout dans une position philanthrope", rajoute-t-il, "Finalement, ce que vous avez ce n'est ni de la philanthropie, ni de la solidarité mais plutôt de la participation à la société et de la construction de son identité". Et c'est ainsi que l'apparente philanthropie est devenue sexy sur les réseaux...

Le Calendrier de l'Après :

2020, année folle, a accouché d'un monde neuf, résilient, différent. Mode, beauté, conso, travail, mobilité... tout bouge, tout change. Parmi ces mutations, Daily Up a choisi 20 tendances clés. Notre Calendrier de l'Après pour vivre 2021 « mieux, différemment, moins ».

Photo : pixabay
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