Et si le bio sauvait les oiseaux ?

perdrix
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Par Elodie-Elsy Moreau publié le
Rédactrice en chef
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Une étude française, menée par le Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC), rattaché au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), suggère qu’une alimentation bio améliore significativement la santé des oiseaux. Ces résultats ont été publiés dans la revue Environnemental Pollution.

Avec l’usage généralisé des produits phytosanitaires, l’agriculture intensive a indéniablement un impact sur la biodiversité. Si l’on parle régulièrement de l’hécatombe des abeilles, les oiseaux sont aussi en première ligne. Leur population sur les terres agricoles sont en déclin en Europe et en Amérique du Nord. Afin d’observer les effets d’une alimentation bio par rapport à une nourriture riche en pesticides, des chercheurs français du Centre d'études biologiques de Chizé (CEBC), rattaché au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), ont nourri pendant vingt-six semaines 40 perdrix grises avec des céréales non traitées obtenues à partir de l'agriculture biologique (sans aucun pesticide) ou conventionnelle (avec pesticides), imitant ainsi strictement les oiseaux sauvages en quête de nourriture dans les champs. Un an plus tard, l’étude a été reproduite avec 38 oiseaux. L’objectif : démontrer les effets à long terme d'une exposition chronique à de faibles doses de pesticides chez les oiseaux. « Nous avons ensuite examiné une série de traits du cycle biologique (écophysiologiques et comportementaux) qui pourraient en fin de compte influencer la dynamique des populations », expliquent les scientifiques.

Des conséquences sur le long terme

« Nous montrons pour la première fois que l'ingestion de faibles doses de pesticides sur une longue période a des conséquences à long terme sur plusieurs voies physiologiques majeures », indiquent les chercheurs. Ces derniers ont remarqué que les perdrix ayant une nourriture non biologique étaient en moins bonne santé, et présentaient des troubles physiologiques et comportementaux. Une alimentation qui a également des conséquences sur la reproduction des perdrix : les adultes reproducteurs pouvaient présenter des caractéristiques physiques altérés affectant  la conquête des femelles, et donc la reproduction des volatiles. Les oeufs des femelles nourries avec des graines issues de l'agriculture conventionnelle étaient aussi plus petits.  

Cela démontre qu’à long terme, une exposition chronique à des doses faibles les pesticides participent à la disparition des perdrix du paysage agricole. Les scientifiques estiment que ce phénomène ne doit "plus être ignoré dans l'évaluation des risques liés aux pesticides, où actuellement, seuls les effets à court terme sont pris en compte », soulignent-ils. De tels changements dans les traits du cycle biologique peuvent avoir un impact négatif à long terme sur les populations d'oiseaux sauvages dans les agrosystèmes, contrairement au bio qui pourrait les sauver... 

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