Shampoings bio : pourquoi moussent-ils moins ?

Femme d'âge mature sous la douche
Shampoings bio : pourquoi moussent-ils moins ?
Par Marie Albessard publié le
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L’efficacité d’un shampoing ne se mesure pas à sa mousse. Entre un shampoing biologique et un shampoing lambda, ce sont les tensioactifs utilisés qui font la différence.

"Les consommateurs associent la mousse à un pouvoir lavant, c’est une idée reçue de marketing", explique d’emblée Béatrice August, chef de produit Coslys. Mais pour comprendre pourquoi un shampoing bio ne mousse pas ou moins qu’un shampoing ordinaire, il faut aller voir du côté des tensioactifs.

Ces molécules ont plusieurs fonctions : ce sont des agents moussants, nettoyants, mouillants (ils permettent de mieux étaler le liquide), émulsifiants et conditionnants (pour le démêlage et l’effet anti-statique). Il existe différentes familles de tensioactifs : les cationiques, anioniques, amphotères et non-ioniques. Ces derniers sont moins irritants, ils utilisent des procédés non polluants et sont d’origine végétale, mais… moussent peu. Ils sont fabriqués à base d’acides aminés, de sucres ou encore d’huiles végétales (Coco Glucoside, Lauryl Glucoside, Disodium Cocoyl Glutamate…)

Des tensioactifs plus agressifs que d’autres

Les tensioactifs les plus connus sont le sodium laureth sulfate et l’ammonium lauryl sulfate, qui seraient particulièrement irritants : “Le sodium laureth sulphate est présent dans la plupart des shampooings conventionnels comme tensioactif principal. C’est un composé éthoxylé qui est irritant pour la peau et peu biodégradable mais il a un fort pouvoir moussant et un coût de revient faible. C’est pour cela qu’un produit cosmétique nettoyant ne sera jamais autant moussant qu’un produit conventionnel. Cependant il peut être tout aussi efficace” rajoute Béatrice August. En résumé, plus un produit mousse, plus il est irritant.

Comment faire son choix ?

Difficile de s’y retrouver au milieu de toutes ces informations et force est de reconnaître qu’un consommateur non averti aura du mal à faire son choix dans les rayons.

"Il ne faut pas choisir les yeux fermés, il faut faire l’effort de lire l’argumentaire au dos du produit" dit Laurence Wittner, journaliste indépendante et rédactrice en chef de l’Observatoire des cosmétiques.

Outre les tensioactifs présents dans un shampoing, le consommateur doit être attentif à différents éléments afin de bien choisir son shampoing bio : "Dans les actifs de soin, lorsque le shampoing est à base d’huiles essentielles, il faut surveiller qu’il n’y ait pas trop de molécules aromatiques allergènes. Plus la liste de ces allergènes est longue, plus il est préférable d’éviter le produit parce qu’on risque une sensibilisation à force d’être en contact avec ces molécules. Ensuite, il faut peut-être se méfier des shampoings « sans conservateur » car la base aqueuse est propice au développement de micro bactéries, de moisissures… Et il ne faut surtout pas dépasser la durée d’utilisation" conseille Laurence Wittner. Alors, à vos étiquettes !


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