Produire une huile de palme “durable”, possible ?

L'huile de palme
Produire une huile de palme “durable”, possible ?
Par Feriel Bencherif publié le
Journaliste indépendante

Biscuits, plats préparés ou encore dentifrice… ces dix dernières années, la consommation d'huile de palme n'a cessé d'augmenter. Un phénomène entraînant des problèmes sociaux et environnementaux dans plusieurs pays même dans les régions certifiées durables. Face à ce désastre, l’huile de palme, justement dite durable, est-elle une option souhaitable et crédible ?

Aujourd’hui, l’huile de palme est omniprésente dans nos produits alimentaires, d’hygiène, ménagers et même dans les biocarburants. Une huile très prisée dans le monde, en particulier ces dix dernières années où la demande est passée de 40 à plus de 65 millions de tonnes.

Une huile très rentable

Un palmier à l’huile peut produire 40 kg d’huile en une année, et a une espérance de vie supérieure à trente ans. Pour les industriels, ce rendement est une véritable aubaine. En cinquante ans, la consommation d’huile de palme a été multipliée par 10. Problème : comme on le sait, cette production, à l’origine des différentes déforestations dans les zones tropicales, représente un danger écologique.

Dans une récente étude, Roberto Cazzolla Gatti, scientifique à l'université de Purdue située aux États-Unis, explique : "Les palmiers à huile sont cultivés dans certaines des forêts les plus sensibles et les plus importantes du monde sur le plan écologique." Or, plusieurs millions d’hectares de forêts disparaissent à travers le monde, et plus précisément en Indonésie. Cela engendre aussi la disparition d’animaux, d’espèces végétales… Sans oublier que l’huile de palme est aussi décriée pour ses méfaits sur la santé. Elle contient des acides gras saturés, jugés mauvais pour le système sanguin.

Une fabrication "durable", la solution ?

Pour contrer ce désastre écologique, des dispositions ont été prises par des organisations environnementales et quelques états en faveur de nouvelles méthodes de production durables. Aujourd’hui, 20 % de la fabrication mondiale est considérée comme telle.
En novembre dernier, l'organisme RSPO (table ronde pour une huile de palme durable) a annoncé  la mise en place d’un accord pour une nouvelle norme visant à "renforcer" la protection environnementale et les droits de l'Homme dans les plantations. Mais l’huile de palme durable est-elle une vrai solution et surtout faisable ? Pas si sûr. Dans les zones "durables", environ 40 % des terres ont été touchées par la déforestation contre... moins de 35 % dans les zones "non durables". "Nous avons constaté que même lorsque les opérations sont certifiées, il y a toujours une perte de forêt importante. Il semble qu'il n'existe aucun moyen de produire de manière durable de l'huile de palme pour répondre à la demande mondiale actuelle.  Pour produire de l'huile de palme, il faut supprimer de la forêt. C'est incontournable », souligne Roberto Cazzolla Gatti.

Dans une récente étude, Roberto Cazzolla Gatti, scientifique à l'université de Purdue située aux États-Unis, explique : "Les palmiers à huile sont cultivés dans certaines des forêts les plus sensibles et les plus importantes du monde sur le plan écologique." Or, plusieurs millions d’hectares de forêts disparaissent à travers le monde, et plus précisément en Indonésie. Cela engendre aussi la disparition d’animaux, d’espèces végétales… Sans oublier que l’huile de palme est aussi décriée pour ses méfaits sur la santé. Elle contient des acides gras saturés, jugés mauvais pour le système sanguin.

 

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