Perturbateurs endocriniens : le gouvernement ouvre une consultation publique

femme regardant un livre
Ouverture par le gouvernement d’une consultation publique sur les perturbateurs endocriniens
Par AFP /Relaxnews publié le
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Lister les perturbateurs endocriniens, mieux informer la population... Le gouvernement a présenté ce lundi son nouveau projet de lutte contre ces substances susceptibles d'interférer avec le système hormonal. Un plan accueilli de façon mitigée par les ONG.

Jouets, tickets de caisse, plastiques, peintures, vêtements, produits phytosanitaires... Les perturbateurs endocriniens sont des composés chimiques présents dans de nombreux produits de consommation courante mais encore trop mal connus, notamment leur effet sur la santé. La deuxième stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens (SNPE) 2019-2022, soumise à consultation publique à partir du lundi 14 janvier jusqu'au 8 février 2019, vise notamment à renforcer la protection des populations.

Un "effet cocktail" néfaste pour la santé

La liste des maux qui leur sont attribués est longue (problèmes de fertilité, croissance, comportement, origine possible de certains cancers...), alimentant l'inquiétude de la population et des ONG. Souvent en cause, le véritable "effet cocktail" des perturbateurs au sein de chaque foyer. Comme le détaille le gouvernement, un perturbateur endocrinien est : "une substance ou un mélange de substances qui altère les fonctions du système endocrinien et, de fait, induit des effets nocifs sur la santé d’un organisme intact, de ses descendants ou de (sous)populations". Ces substances peuvent interférer avec le système hormonal du corps.

Des composés donc à surveiller comme le suggèrent différentes structures. Il y a un an, un rapport commun de plusieurs organismes publics, dont l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), avait estimé que la France n'avait pas mis en oeuvre les moyens suffisants pour surveiller et étudier ces substances, malgré la première "Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens" (SNPE) de 2014.

Un classement prévu

Dans ce but, l'Agence de sécurité sanitaire (Anses) devra publier d'ici 2021 une liste de perturbateurs endocriniens, classés en trois catégories, "suspecté", "présumé" et "avéré".

Des composés donc à surveiller comme le suggèrent différentes structures. Il y a un an, un rapport commun de plusieurs organismes publics, dont l'Inspection générale des affaires sociales (Igas), avait estimé que la France n'avait pas mis en oeuvre les moyens suffisants pour surveiller et étudier ces substances, malgré la première "Stratégie nationale sur les perturbateurs endocriniens" (SNPE) de 2014.

Ces molécules ont aussi un effet sur l’environnement, non négligeable car elles se retrouvent dans tous les milieux et peuvent donc impacter la biodiversité et toutes les espèces qui s’y trouvent.

Accroître la connaissance des citoyens grâce à un site dédié

"Nous n'avons pas encore la preuve scientifique de toute la toxicité de chacune de ces molécules, a ajouté la ministre, donc il est important, au fur et à mesure, d'alimenter les connaissances pour que les Français puissent eux-mêmes être acteurs de leur santé et se protéger progressivement, s'il apparaît qu'un risque est avéré".
Le projet présenté lundi 14 janvier par Mme Buzyn et le ministre de la Transition écologique François de Rugy prévoit également la création en 2019 d'un site d'information grand public sur les produits chimiques, dont les perturbateurs endocriniens; une meilleure formation des personnels de santé et le financement de recherches scientifiques spécifiques sur le sujet.

Selon Mme Buzyn, "le site internet qui va être créé sur les perturbateurs endocriniens, sera tenu par l'Agence de santé publique, et mis à jour régulièrement, avec notamment des consignes à tenir. On commencera par les populations les plus vulnérables, les femmes enceintes, les enfants, mais petit à petit on élargira à tous les publics".

Un accueil mitigé par les ONG

Les ONG ont réagi favorablement à l'annonce du plan, en particulier le classement des perturbateurs.

"Ça c'est positif, la France est à l'avant-garde sur cette question-là, elle veut que les perturbateurs endocriniens soient traités en trois catégories", comme le sont par exemple les substances cancérogènes", a expliqué à l'AFP François Veillerette, de l'ONG Générations Futures. "Générations Futures saisira l’opportunité de cette consultation publique pour réitérer ses demandes et dénoncer les manques dans ce deuxième volet de la stratégie. Nous inviterons également l’ensemble des citoyen.ne.s à faire de même afin d’obtenir un cadre véritablement protecteur. Au-delà d’une meilleure information du public […] il est absolument nécessaire d’agir et de prendre des mesures fortes et concrètes, notamment en matière d’alimentation, d’étiquetage et d’obligation à la substitution", a-t-il déclaré dans un communiqué de presse.

La définition européenne adoptée difficilement en 2017, ne satisfait pas les ONG car elle exclut les "suspectés" et ne concerne que les produits phytosanitaires et biocides.

Pas d'étiquetage sur les produits

En revanche, en matière de protection des consommateurs, les ONG regrettent l'absence de mise en place d'un étiquetage des produits contenant une de ces substances, pour au moins donner le choix aux consommateurs.

"Le meilleur moyen d'informer est via l’étiquetage bien sûr", a insisté Olivier Andrault, de l'UFC-Que Choisir, qualifiant toutefois le plan de "plutôt satisfaisant".
La future liste officielle rendra "plus facile pour les ONG de pointer du doigt les produits qui contiennent ces perturbateurs endocriniens, et donc d'obliger les pouvoirs publics et les fabricants à agir pour une substitution, ou une interdiction pure et simple", a-t-il déclaré à l'AFP.

Le projet prévoit à ce stade un travail de concertation pour "guider" l'action des industriels vers la substitution des substances controversées, notamment en identifiant des alternatives.

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