Fairbnb, l’alternative éthique à Airbnb

Fairbnb, l’alternative éthique à Airbnb
Fairbnb, l’alternative éthique à Airbnb
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Pour combattre le tourisme de masse et réduire son empreinte carbone, Fairbnb, l’alternative éthique à la plateforme Airbnb, va reverser 50 % de ses bénéfices aux collectivités locales.

Peut-on concilier tourisme et développement durable ? Si les sites de location de logements connaissent un essor fulgurant, toute médaille a son revers. Nuisances dans les quartiers, inflation des prix de l’immobilier ou encore évasion fiscale, la gestion du système de location actuel aurait un véritable impact environnemental et social. Une alternative plus responsable, créée par un consortium de chercheurs, d’urbanistes et de développeurs du monde entier, devrait donc bientôt voir le jour. A l’instar de Airbnb, qui propose des locations de biens de courte durée, Fairbnb (Fair signifie équitable en anglais) s’inscrit dans une démarche plus éthique. 
“On s'est rendu compte que ce genre de plateformes dites 'extractives' nées aux Etats-Unis n'avaient pas d'impact positif sur les destinations touristiques et leurs habitants, au contraire. L'essor d'Airbnb a participé à la hausse des prix de l'immobilier et donc à la gentrification des centre-villes”, explique Carlo Pesso, membre de Fairbnb. 

Les fondateurs déplorent qu’un tourisme sans contrôle, “géré par la technologie”, complexifie l’organisation de la vie commune des citoyens. Pour cela, ils ont choisi de placer l’économie participative au coeur de leurs ambitions.

50 % des bénéfices réinvestis dans la communauté 

Basée à Bologne, en Italie, la plateforme Fairbnb cherche à se démarquer en donnant “la priorité aux personnes au lieu des bénéfices” et en favorisant “des expériences de voyage qui soient durables, intimes et authentiques.” 
Si la coopérative promet d'être transparente sur ses revenus, elle prévoit de reverser 50 % de ses bénéfices -provenant des commissions- aux collectivités locales. L’objectif : développer une approche plus éthique du tourisme et retisser les liens entre voisins. Ces derniers pourront, ensemble, choisir de nouveaux projets locaux (cours du soir, cafés, jardins en permaculture, etc.).
En action collaborative avec les collectivités locales, Fairbnb veut également permettre aux clients, aux hôtes, ainsi qu’à leurs voisins, de s’associer aux municipalités afin de rendre le secteur plus durable. Pour ce faire, un espace dédié aux membres de la même communauté permettra de gérer collectivement chaque quartier. Aussi, pour éviter les nuisances sonores qui gênent souvent le voisinage, Fairbnb envisage de limiter la location à un ou deux biens par personne.

Avant de prévoir son expansion à travers le monde, la plateforme sera testée au printemps 2019 dans cinq villes européennes :  Amsterdam, Barcelone, Bologne, Valence et Venise. Pour l’heure, son fonctionnement précis n’a pas été établi.
En attendant plus d’investisseurs, Fairbnb lance un appel aux citoyens “concernés par les effets négatifs du tourisme sans contrôle” à co-créer “une plateforme communautaire”. Un financement participatif sera bientôt lancé. 

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