Pourquoi les femmes sont-elles l’avenir de la lutte environnementale ?

L'écologie, nouveau terrain de lutte des femmes.
L'écologie, nouveau terrain de lutte des femmes.
Par Hanen Slimani publié le
1119 lectures

Longtemps écartées de la lutte environnementale, les femmes occupent de plus en plus les devants de la scène. Elles sont pourtant les premières concernées par les dangers de ces bouleversements et ont fait partie des contestations depuis les débuts.

À l’image de Greta Thunberg, ces dernières années, la mobilisation en matière de lutte environnementale s’est faite jeune et féminine. Au quatre coins du monde, les femmes font entendre leur voix pour préserver la nature et les liens que l’homme a toujours entretenu avec cette nature. Existe t-il un lien particulier entre les femmes et notre environnement ? Etudes scientifiques, théories sociologiques, hypothèses philosophiques tendent à prouver que c’est bien le cas.

Les femmes, plus exposées aux risques environnementaux

70 % des personnes vivant avec moins de 1 dollar par jour sont des femmes. Un constat alarmant mais qui en fait également la catégorie de la population la plus exposée au dérèglement climatique. Dans les pays du Sud, plus affectés par ces changements, la déforestation et l’inaccessibilité de l’eau ont des répercussions sur le quotidien des femmes de manière aiguë. Les sécheresses ou les inondations peuvent avoir un impact catastrophique sur la vie des femmes, souvent en charge de l’approvisionnement en eau et des activités agricoles de la famille. Au Sénégal, les femmes passent en moyenne près de 17,5h par semaine à collecter l’eau. En France, les femmes sont davantage frappées par la précarité énergétique. Sur 5,6 millions de ménages déclarant avoir eu froid en 2013, 38 % sont des femmes isolées, avec ou sans enfant.

Dans les pays les plus touchés par les catastrophes environnementales, les femmes font partie des plus affectés. Elles peuvent ne pas avoir acquis certaines compétences de survie comme la nage, ou le grimpement aux armes. Des capacités très utiles en cas de danger de tsunami ou tremblement de terre. On estime que le risque de décès par les catastrophes naturelles est 14 fois plus élevé chez les femmes et les enfants. Enfin, le dérèglement des écosystèmes entraîne des migrations de populations. Dans ces situations, les femmes sont plus souvent victime de violences, de viols ou de traite humaine.

L’écologie, une nouvelle revendication féministe

Si les hommes ont longtemps occupé les devants de la scène en matière de la lutte environnementale, les femmes ont toujours fait partie des premiers mouvements contestataires. Dans les années 1980, les femmes sont aux premières lignes des manifestations anti-nucléaire aux Etats-Unis. Plus de 2000 femmes vont se rassembler à Arlington pour le Women’s Pentagon Action. Ce sont ces actions qui vont donner naissance à l’écoféminisme, un mouvement né de la convergence des luttes féministes et écologistes. Cette théorie, qui prend forme dans les écrits de la féministe française Françoise d’Eaubonne, avance l’idée que la domination de l’homme sur la femme et la domination des humains sur la nature ont quelque chose de profondément commun et similaire. Introduire des questions féministes dans les problématiques environnementales, c’est intégrer une dimension sociale et culturelle à ces questions. Or, le bouleversement des écosystèmes trouve souvent son origine dans lesdites problématiques. Somme toute, l’éco-féminisme serait une forme de féminisme intersectionnel.

Dans les pays les plus touchés par les catastrophes environnementales, les femmes font partie des plus affectés. Elles peuvent ne pas avoir acquis certaines compétences de survie comme la nage, ou le grimpement aux armes. Des capacités très utiles en cas de danger de tsunami ou tremblement de terre. On estime que le risque de décès par les catastrophes naturelles est 14 fois plus élevé chez les femmes et les enfants. Enfin, le dérèglement des écosystèmes entraîne des migrations de populations. Dans ces situations, les femmes sont plus souvent victime de violences, de viols ou de traite humaine.


 

Source(s):