Substances toxiques et controversées : le guide des cosmétiques à éviter et à privilégier selon l’UFC-Que Choisir

Substances toxiques et controversées : le guide des cosmétiques à éviter et à privilégier selon l’UFC-Que Choisir
Substances toxiques et controversées : le guide des cosmétiques à éviter et à privilégier selon l’UFC-Que Choisir
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Déodorants, crèmes, dentifrices, shampoings... l’UFC-Que Choisir a passé au peigne fin 171 références de cosmétiques. L’association de défense des consommateurs a ensuite établi un guide pour permettre au consommateur de faire “le tri dans sa salle de bains”.

Certains cosmétiques sont devenus indispensables au quotidien. Mais face aux nombreux scandales autour des substances décriées dans ces produits, la méfiance est de mise. Véritable critère de sélection, l’innocuité des cosmétiques a été mise à l’épreuve par l’UFC-Que Choisir. La revue a évalué plus de 170 références de produits de beauté et d’hygiène. Le constat est sans appel : il est temps de faire le "tri dans sa salle de bains", recommande l’association.
 

Les clés pour choisir ses cosmétiques

Déodorants et parfums, maquillage, produits solaires, soins du corps, hygiène dentaire, produits pour enfants, soins des cheveux et du visage : au total, les compositions de plus de 8 catégories de cosmétiques ont été décryptées. A l’issue du test, l’UFC Que-Choisir a publié un guide pour aider à l’identification des produits potentiellement dangereux. L’organisme assure que ce numéro "donne les clés pour garantir à chaque profil de consommateur et pour chaque usage une utilisation en toute sécurité". Pour ce faire, les experts de l’UFC-QueChoisir se sont appuyés sur l’application QuelCosmetic, lancée par l’association en mars 2018. Le dispositif identifie les substances toxiques de plus de 170.000 produits étiquetés et permet aux consommateurs de choisir le produit idéal. Dans le cadre de ce numéro, les experts ont travaillé sur la base de données de l’application et ont sélectionné 171 cosmétiques qui représentent au mieux le marché des cosmétiques. Pour ceux qui souhaiteraient vérifier la toxicité de leurs produits phares, non présents dans la série analysée, "il faut les référencer sur l’application QuelCosmetic ou s’armer de sa petite loupe pour éplucher leur composition", explique Hélène Bour, journaliste et auteure de l’enquête de l’UFC-Que Choisir. "Le test a prouvé que ce n’était pas forcément le prix qui faisait la différence sur certains produits. Le but n’est pas de savoir lequel des produits testés est le plus efficace mais de déchiffrer leurs étiquettes", précise-t-elle.

Dioxyde de titane, allergènes et perturbateurs endocriniens

Près d’un cosmétique sur trois grouille de "perturbateurs endocriniens, de substances toxiques, irritantes ou fortement allergisantes", regrette l’UFC Que-Choisir dans un communiqué. Ces ingrédients décriés se sont invités dans la composition de plusieurs crèmes et shampoings analysés. Un perturbateur endocrinien, le propylparaben serait ainsi présent dans le lait hydratant Mixa intensif peaux sèches et dans le shampoing Neutrogena T/Gel 2-en-1 pour cheveux secs et fragilisés. L’UFC Que-Choisir a révélé que la crème de soin Nivea soft, et l’anti-rides Revitalift soin hydratant extra fermeté de L’Oréal contenaient des "substances toxiques" et une substance synthétique à risque : le butylphenyl methylpropional. Le shampooing antipelliculaire 2-en-1 anti démangeaisons à l’eucalyptus de la marque Head and Shoulders renfermerait également des allergènes controversés tels que la MIT.
Plus de 7000 références de dentifrices, rouges à lèvres, baumes et bains de bouche dissimulent du dioxyde de titane y compris leurs homologues destinés aux enfants. Cet ingrédient, qui sera interdit dans l’alimentation d’ici 2020, a récemment fait l’objet d’une étude alarmante de l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), qui a alerté sur ce colorant dangereux.
L’association de défense des consommateurs a donc annoncé qu’elle exhortait les autorités européennes à bannir "sans délai les substances les plus à risque, notamment le dioxyde de titane" trop souvent présent dans les cosmétiques.
 

Des bons points distribués 

Dans les cosmétiques analysés, les experts ont recensé de nombreux ingrédients issus de la pétrochimie. "Les labels bio excluant ces substances, les cosmétiques certifiés sont exempts de certains composés nocifs", argue Hélène Bour. Et d’ajouter : "globalement, le bio s’en sort mieux". Attention cependant aux huiles essentielles : qu’elles soient conventionnelles et estampillées du logo vert, elles représentent un risque pour les enfants et les femmes enceintes. L’association récompense également les produits sains. Le shampooing Labell 2 en 1 abricot de chez Intermarché, la mousse Pro-tech system haute précision de Mennen ou encore la crème Hydreane légère de la Roche Posay ont ainsi reçu les faveurs de l’UFC Que-Choisir.  "On peut acheter les yeux fermés le Shampooing Labell 2-en-1 abricot de chez Intermarché qui, outre sa parfaite innocuité, a l’avantage d’être bon marché", recommande l’association. Pour bronzer sur la plage, le magazine déconseille le spray solaire hydratant 50 spf Lovea au monoï de Tahiti "contenant deux perturbateurs endocriniens potentiels" et préconise l’Ambre solaire sensitive expert de Garnier. Si certains produits passent le test avec brio, le guide pratique de l’UFC-Que Choisir donne une liste de conseils pour une utilisation plus sûre des cosmétiques.

Les industriels pas prêts de se passer de ces substances décriées

"Malgré les alertes exprimées par les scientifiques, pas moins de 143 substances préoccupantes restent encore autorisées du fait de la lenteur des procédures européennes et du lobbying des industriels", déplore l’association. Selon le magazine, les résultats du test prouvent que les industriels "savent parfaitement se passer de ces composés nocifs". Alors, pourquoi continuent-ils de s’en servir ? Selon Hélène Bour, auteure de l’enquête, ces ingrédients délétères, que les fabricants ont pris l’habitude d’utiliser, sont bon marché. Par manque de preuve de leur nocivité, ils minimisent les risques et choisissent de duper le consommateur notamment avec la mention "sans paraben" pour donner l’illusion de produits sains alors qu’ils sont loin de l’être. Aussi, les conservateurs permettent d’entretenir la formule intacte et “changer un ingrédient reviendrait à refaire toute la recette du produit” ce qui représente un réel coût pour les fabricants. Si les industriels ne sont donc pas prêts à se passer de ces ingrédients, Hélène Bour espère que "ce genre d’enquête les pousse à revoir leurs compositions".

Pour l’heure, l’UFC-Que Choisir propose également aux consommateurs d’enrichir la liste de produits renfermant des ingrédients indésirables sur son site. "Cette liste est amenée à évoluer car les fabricants sont susceptibles de reformuler leurs produits, les retirant alors des rayons pour en mettre d’autres sur le marché", précise l’association. 

 

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