Zika, dengue et chikungunya… le moustique tigre propage ces maladies en France

Zika, dengue et chikungunya… le moustique tigre propage ces maladies en France
Zika, dengue et chikungunya… le moustique tigre propage ces maladies en France
Par AFP/Relaxnews publié le
2026 lectures

Zika, dengue, chikungunya… transmises par le moustique tigre, ces maladies virales gagnent du terrain dans le monde. Alors que l’insecte colonise progressivement la France métropolitaine, la population exposée augmente tous les ans.

Depuis des décennies, le moustique tigre, originaire d’Asie, se propage progressivement sur l’ensemble du territoire français. Si ce fléau est surveillé avec attention par les experts, le moustique tigre est vecteur de nombreuses maladies, comme le virus zika, la dengue ou encore le chikungunya. Dans un éditorial du Bulletin épidémiologique hebdomadaire (BEH) consacré à ces maladies nommées "arboviroses", Christine Ortmans, responsable du département Veille et sécurité sanitaire à l'Agence régionale de santé PACA (Marseille), avertit que "notre système de santé doit se préparer" face à ce risque en expansion "dans un contexte de changement environnemental et de mondialisation". Depuis son installation dans les Alpes-Maritimes en 2004, le moustique tigre n'a cessé de progresser jusqu’à atteindre la capitale et s’implanter dans plus de la moitié des départements, soit 51 départements en 2018 contre 42 un an plus tôt.

Presque “impossible de s’en débarrasser” 

Le moustique tigre ou Aedes albopictus, "l'espèce la plus invasive au monde", se développe essentiellement en milieu urbain et présente la particularité de piquer le jour. Elodie Terrien et ses collègues de Santé publique France (SpF) préviennent que le moustique tigre "expose au risque de transmission" notamment au retour en métropole de voyageurs porteurs de virus, après un séjour dans des zones à risque "où circulent ces virus". Et d’ajouter : "une fois installé dans une commune ou un département, il est pratiquement impossible de s'en débarrasser". Devant l'expansion de ce moustique, les experts suggèrent de "recentrer" le dispositif de surveillance actuel "sur les cas confirmés ou probables (...) pour une meilleure efficacité et utilisation des moyens". "Avec l'augmentation constante du poids des arboviroses dans le monde, il apparaît fondamental d'informer les voyageurs se rendant ou revenant des zones à risque, tout comme de renforcer la sensibilisation des professionnels de santé à leur diagnostic et à leur surveillance", précisent-ils.

Ils s’invitent dans nos voitures, pondent leurs oeufs près des réserves d’eau

Le moustique est actif à partir de début mai jusqu'au 30 novembre, d’où l’importance d’une "surveillance renforcée". En 2018, 16 cas de chikungunya, 333 cas de dengue et 10 cas de zika ont été notifiés en France métropolitaine.

En 2019, du 1er mai au 7 juillet, ont déjà été recensés 187 cas importés de dengue dont 39 avaient séjourné sur l'Île de la Réunion, 22 cas de chikungunya ; 3 cas importés de zika. Par ailleurs, une épidémie de dengue sévit actuellement sur l'Île de la Réunion avec plus de 15.000 cas de dengue signalés entre le début de l'année 2019 et le 11 juin, selon SpF.

Depuis 2010, en métropole, douze épisodes de transmission autochtone ont été identifiés, dont huit en Provence-Alpes-Côte d'Azur. Après analyse, Florian Franke (SpF, Paca, Marseille) et ses collègues ont démontré qu’ils étaient souvent liés à une absence d'identification des cas de départ et, "dans une moindre mesure", à des actions incomplètes pour lutter contre le moustique "autour des lieux fréquentés" par les personnes revenues avec le virus, remarquent Florian Franke (SpF, Paca, Marseille) et ses collègues.
Il est donc nécessaire de se protéger de ces "hôtes indésirables et particulièrement pugnaces", des voyageurs "clandestins" qui n'hésitent pas à "s'inviter dans nos voitures pour remonter (...) vers le Nord" et pondre leurs oeufs dans des réserves d'eau qu'ils trouvent en chemin.


Photo : © AbelBrata / IStock.com

Commentaires