Serres chauffées en agriculture bio : le gouvernement desserre la vis

Serres chauffées en agriculture bio : le gouvernement desserre la vis
Serres chauffées en agriculture bio : le gouvernement desserre la vis
Par Cécilia Ouibrahim publié le
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Alors que le gouvernement s'est montré ouvert mardi 9 juillet, au chauffage des serres, sous conditions, dans l'agriculture bio, la décision cruciale sur cette question qui divise le secteur a été rendue ce jeudi.

Lors d'une réunion qui s’est tenue aujourd’hui, le Comité national de l'agriculture biologique s’est prononcé en faveur du recours aux serres chauffées. Une utilisation autorisée à condition que les fruits et légumes issus de ces serres ne soient pas commercialisés entre décembre et avril. 

Les esprits s’échauffent 

"Le chauffage des serres est autorisé, mais il n'y aura pas de commercialisation entre le 21 décembre et le 30 avril" de fruits et légumes bio produits en France, a indiqué ce jeudi le ministère. Une décision prévisible puisque Didier Guillaume, avait déclaré mardi que le gouvernement n'était "pas opposé" au chauffage des serres bio. 
Le règlement européen prévoit que la production biologique doit respecter les "cycles naturels" des saisons et opter pour une utilisation responsable de l'énergie.
La  Fédération nationale des agriculteurs biologiques (Fnab), qui s’est toujours insurgée contre les serres chauffées en agriculture biologique, accuse leur bilan carbone. Dans un communiqué commun, la Fnab, Greenpeace, Réseau Action Climat et la Fondation pour la Nature et l'Homme, pointent les dérives des serres chauffées en agriculture bio : "pourquoi changer l'agriculture quand on peut changer la saisonnalité ?" Une pétition, lancée par les associations le 29 mai dernier pour préserver une agriculture bio exigeante, a recueilli plus de 80 000 signatures. 

Malgré la décision gouvernementale, la mobilisation s'intensifie pour la FNAB, qui considère que cette autorisation revient à accepter "de chauffer les serres bio pendant tout l'hiver à plus de 20 degrés, soit l'équivalent de 200 000 à 250 000 tonnes de fioul par hectare ! Ça ressemble plus à une estocade qu'à un compromis" argue Jean-Paul Gabillard, secrétaire national légumes de la FNAB. 

Source(s):
  • Ministère de l'agriculture
  • Communiqué - FNAB
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