Jour du dérèglement : dès aujourd’hui, la France vit à crédit

CO2
Jour du dérèglement : dès aujourd’hui, la France vit à crédit
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Par La rédaction publié le
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Selon une étude du cabinet de conseil Carbone 4, la France a déjà émis tous les gaz à effet de serre d'une année si elle respectait, dès maintenant, l’objectif de neutralité carbone voulu pour 2050. Mais on est encore loin du compte !

Si on connaissait le jour du dépassement, date à laquelle l’humanité a consommé l’ensemble des ressources que la Terre peut régénérer sur une année, qui a eu lieu, en 2019, le 29 juillet, il existe aussi le jour du dérèglement. Celui-ci se base sur le calcul des émissions de gaz à effet de serre sur une année pour respecter la neutralité carbone. Plus précisément, le niveau  émis doit correspondre aux limites de la biosphère (quantité pouvant être absorbée par des puits de carbone comme les forêts et prairies) et des techniques de séquestration.

Atteindre la neutralité carbone en 2050, voilà l’objectif de la France. Pourtant, en continuant à ce rythme, il ne sera effectif qu’en 2085. C’est ce que révèle une étude du cabinet de conseil Carbone 4, réalisée pour de l’« affaire du siècle », Notre affaire à tous, Greenpeace France, Oxfam France et la Fondation Nicolas Hulot pour la nature et l’homme (FNH), qui ont saisi la justice contre l’Etat pour inaction climatique et dont la pétition a été signée par plus de  2 millions de signataires. Pour obtenir son résultat, le cabinet s’est appuyé sur les chiffres de la Stratégie nationale bas carbone (SNBC), l’outil de pilotage de la politique climatique du pays.

5 fois plus de GAS par rapport à l’objectif fixé

En à peine deux mois, la France a déjà émis tous les gaz à effet de serre qu’elle devrait rejeter en une année si elle respectait dès aujourd’hui l’objectif de neutralité carbone. Les émissions françaises pourraient s'élever à 450 millions de tonnes de CO2 pour 2020. Or, le pays s’est fixé un plafond annuel de 80 millions d’ici à 2050.

"On savait que la France n’était pas sur les rails, mais pas qu’il y avait autant de chemin à parcourir. Il ne reste qu’une génération – trente ans – pour faire reculer le jour du dérèglement de 300 jours, jusqu’au 31 décembre, prévient Célia Gautier, responsable climat-énergie à la FNH. Chaque jour où l’on procrastine vient creuser notre dette climatique."

Malheureusement, la situation ne devrait pas s’arranger puisque le gouvernement a décidé d’augmenter les plafonds d’émissions prévus entre 2019 et 2023 de la SNBC. Pas sûr que l’objectif de 2050 soit atteint…

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